L’Elysée entérine la préservation d’une partie de l’activité du CIF
L’idée d’un sauvetage partiel de l’activité du Crédit Immobilier de France (CIF) avance à petits pas. A l’issue d’une réunion de travail avec le secrétariat de l’Elysée, l’établissement a diffusé un communiqué qui, s’il confirme sa disparition dans sa forme actuelle, pérennise le financement de l’accession à la propriété – et en conséquence une partie de ses effectifs et de ses systèmes.
«Un calendrier a été fixé pour proposer d’ici à la fin de l’année la création d’une entité dans le cadre d’une discussion conduite par le ministère de l’Economie et des Finances avec la direction du CIF et la Banque Postale, afin d’assurer la prise en charge de la clientèle sociale du CIF dans le contexte économique et bancaire actuel», indique le groupe. Contactée, sa direction n’a pas souhaité faire de plus amples commentaires. Certains points restent à discuter.
L’un des principaux concerne évidemment la forme que prendrait cette «entité». Michel Bouvard, l’actuel président du CIF et ancien président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts, avait notamment imaginé la reconnaissance de l’accession à la propriété sociale comme un service d’intérêt économique général (SIEG), solution qu’il a présentée hier à l’Elysée et qui a l’avantage de pouvoir être plus facilement reconnue par la Commission européenne. La gestion du SIEG aurait été confiée à une «bridge bank», une sorte d’entité intérimaire qui reprendrait une petite partie des encours du CIF et développerait les prêts immobiliers pour une clientèle sociale. La structure serait cantonnée un certain temps au sein du CIF, puis serait cédée à un autre établissement. Quand au CIF, il gérerait jusqu’à extinction le solde de ses encours.
Reste également à déterminer le rôle exact de la Banque Postale, régulièrement sollicitée ou citée lorsqu’il s’agit de pallier les faiblesses du secteur financier français (prêts aux collectivités locales, financement des PME, etc.) en raison de son abondante liquidité. Si l’on reprend l’une des solutions évoquées la semaine dernière par Michel Bouvard, la nouvelle structure serait transformée en banque.
Le 21 novembre, à l’Assemblée, le nouveau PDG du CIF a jugé essentiel de ne pas mettre l'établissement en run off intégral. Une extinction pure et simple pourrait mettre en péril le boni de liquidation du groupe, que l’ex-député de la Savoie estime entre 1 et 3 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Columbia Threadneedle étoffe son équipe ETF
La société recrute deux gérants chez Vanguard et L&G. -
La SLP spéciale : le véhicule français qui coche enfin toutes les cases sur la scène internationale ?
Dans une tribune pour L’Agefi, Thibault Dupont-Nougein, avocat associé, et Maxime Tillon, juriste chez Hogan Lovells Cadwalader, font le point sur la société de libre partenariat spéciale, deux ans après son introduction par l'ordonnance du 3 juillet 2024. Un véhicule qui trouve progressivement sa place au sein de l’arsenal juridique et fiscal du capital-investissement français. -
Le sort boursier de KNDS reste étroitement lié à celui de Rheinmetall
La perspective de voir le champion franco-allemand de la défense rejoindre la Bourse en 2026 semble de moins en moins probable alors que la capitalisation de son principal concurrent reste sous pression.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
J'y suis, j'y resteTotalEnergies ne compte changer ni de stratégie, ni de président
Patrick Pouyanné, PDG de la major pétrolière, présentait ce lundi à New York les objectifs à 2030 du groupe et ses ambitions pour 2035. A la veille du week-end, le conseil d'administration a proposé le renouvellement du mandat de son PDG -
EntomologiePourquoi les riches sont-ils toujours plus riches ?
Dans Un capitalisme devenu fou (Flammarion), Alain Minc, challengé par le journaliste Guillaume Erner, décrit les mécanismes d'un système à la fois efficace et inégalitaire -
InterviewSouveraineté numérique : la mise en garde de Cisco sur l'isolement de l'Europe
« La France et l’Europe doivent évidemment soutenir leur économie technologique. Mais il existe aussi un risque d’isolement, celui de ne plus avoir accès aux meilleures technologies mondiales dont l’Europe a besoin pour sa croissance », explique à l'Opinion Matthew Houlihan, vice-président du géant américain de la communication sans fil Cisco