Le premier procès du scandale du Libor démarre aujourd’hui
Aujourd’hui débute le premier d’une longue série de procès relatifs au scandale de la manipulation du Libor, qui éclabousse de nombreux acteurs de la City, à Londres. Barclays – au premier rang depuis l’éclatement de l’affaire et qui a déjà accepté de payer 450 millions de dollars aux autorités américaines et britanniques dans le cadre d’un règlement transactionnel – comparaît devant la Haute Cour à la suite d’une plainte déposée en avril par l’un de ses clients.
Guardian Care Homes, un opérateur de résidences médicalisées, reproche à la banque de lui avoir vendu deux contrats de swaps de taux qui lui ont fait perdre 12 millions de livres (15 millions d’euros). Ces produits, adossés à deux emprunts contractés auprès de Barclays, étaient censés couvrir la société contre une hausse du Libor; sa baisse s’est révélée particulièrement onéreuse.
Barclays considère pour sa part que son client était suffisamment qualifié pour comprendre les termes du contrat. S’estimant au contraire floué par la manipulation du Libor, Guardian Care Homes réclame le remboursement intégral des pertes subies.
Aujourd’hui se tient l’audition préliminaire pendant laquelle chacune des parties va s’exprimer et à l’issue de laquelle le juge devra décider si un procès aura lieu. Reuters indique que le procès devait au départ se dérouler au tribunal de commerce de Birmingham avant d’être transféré à la Haute Cour à Londres, signe sans doute que l’affaire est prise très au sérieux. Le verdict pourrait faire jurisprudence, si nombreux sont ceux qui s’estiment lésés par les établissements ayant trempé dans la manipulation du taux interbancaire.
Le nombre de banques éclaboussées par ce scandale ne cesse de croître. Selon l’édition de vendredi du Wall Street Journal, neuf nouvelles banques ont été citées à comparaître par la justice américaine, portant le total à 16. Le quotidien cite Bank of America, Mitsubishi UFJ, Credit Suisse, Lloyds Banking Group, Rabobank, RBC, Norinchukin Bank, West LB et la Société Générale. Mais selon une source citée par Reuters, l’établissement français n’aurait en fait reçu que de nouvelles demandes d’informations – il ne serait donc pas concerné par ces assignations.
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