Le labeur de Mark Wilson à la tête d’Aviva commence à porter ses fruits

Les efforts doivent être poursuivis après des résultats 2013 de nouveau positifs et permettant à l’assureur de remettre les bonus au goût du jour
Benoît Menou

Avons-nous fait des progrès? Oui. Sont-ils un peu plus importants que prévu? Probablement. Avons-nous libéré le plein potentiel d’Aviva? Pas encore». Refusant la «complaisance», le directeur général de l’assureur britannique depuis début 2013, Mark Wilson, souligne que le «retournement d’Aviva s’intensifie», comme en témoignent les résultats 2013 publiés hier.

Des résultats passant par une progression de 6% (+15% en France) du résultat opérationnel à 2,0 milliards de livres (2,5 milliards d’euros), sous l’effet d’un repli de 7% des charges à 3,0 milliards. Le ratio combiné en assurance dommages a pourtant progressé de 0,3 point à 97,3%, du fait de mauvaises conditions climatiques dont le coût atteint 129 millions pour les inondations au Canada et 60 millions pour celles de décembre au Royaume-Uni.

Aviva affiche pour 2013 un résultat net de 2,2 milliards de livres après une perte de 2,9 milliards en 2012.

Comme un grain de sable, le groupe a reconnu avoir découvert l’an dernier au sein d’Aviva Investors des violations datant de 2006 à 2012 de ses procédures internes de trading obligataire. Deux anciens salariés auraient ainsi alloué des ordres de manière à favoriser des fonds alternatifs externes aux dépens de fonds du groupe. Assurant avoir renforcé les contrôles, Aviva a précisé que ces manœuvres avaient un impact négatif de 132 millions de livres sur le résultat opérationnel 2013 afin de couvrir les demandes de dommages.

La mésaventure intervient alors que le groupe a confirmé hier que le redressement de sa division de gestion d’actifs, qui a subi une décollecte nette de 5 milliards l’an dernier, «prendra probablement un certain temps». La contribution de 3% au résultat opérationnel du groupe et le niveau d’encours de 241 milliards restent selon Mark Wilson «inadéquats». Le dirigeant souligne bien d’autres sources de marges de progression, comme en assurance vie en Italie, en Espagne ou en Irlande.

Et alors que le dividende annuel a été réduit de 19 à 15 pence par titre, le directeur général, dont le prédécesseur Andrew Moss avait jeté l’éponge sur fond de divergences sur les rémunérations, a assuré que les actionnaires approuvaient le retour à une politique plus dynamique en termes de bonus. La direction en avait été privée au titre de 2012 alors que les 400 plus hauts cadres voyaient leur salaire gelé.

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