Le japonais Dai-ichi Life cherche un second souffle aux Etats-Unis
Face à un phénomène d’effondrement démographique - plus d’un Japonais sur cinq a plus de 65 ans - les assureurs vie nippons cherchent activement des relais de croissance à l’étranger. Dai-ichi Life, le numéro deux du secteur, a confirmé hier son intention de racheter une compagnie américaine, sans citer de nom.
Selon des rumeurs de presse, il s’agit de Protective Life, un assureur basé à Birmingham dans l’Alabama, qui a repris l’an dernier le portefeuille de polices d’assurance Mony (560.000 contrats vie et 61.000 contrats à annuité) à Axa pour un peu plus d’un milliard de dollars. Conseillé par Goldman Sachs, le groupe nippon serait prêt à verser quelque 500 milliards de yens (4,9 milliards de dollars), soit une confortable prime par rapport à la dernière capitalisation boursière précédant la publication de ces indiscrétions (4,12 milliards de dollars). «Si l’opération se concrétise, étant donné sa taille, nous nous attendons à ce qu’elle nécessite des fonds supplémentaires pour Dai-ichi, ce qui pourrait servir de catalyseur à une augmentation de capital», écrivent les analystes de Jefferies dans une note.
Dans un communiqué, l’assureur tokyoïte ne corrobore pas le montant de 200 milliards de yens évoqué dans la presse. «Nous étudions plusieurs méthodes de financement dont une offre publique (…)», se contente-t-il d’indiquer. Une telle opération porterait le volant de primes encaissées à environ 4.650 milliards de yens, tout proche de son grand rival Nippon Life (4.860 milliards de yens). Une officialisation pourrait intervenir dès la semaine prochaine. La dernière incursion de Dai-ichi aux Etats-Unis remonte à août 2012, date à laquelle il a noué une alliance capitalistique avec le gérant Janus Capital. Ses concurrents ont pris les devants ; Nippon Life s’est rapproché depuis plusieurs années de Prudential Financial, tandis que Tokio Marine a versé 4,7 milliards de dollars en 2008 pour acquérir Philadelphia Consolidated.
L’an dernier, Dai-ichi a enregistré une nette hausse de ses profits (+140% à 77,9 milliards de yens) grâce à la bonne tenue des marchés actions et à un affaiblissement du yen. Mais de l’avis des analystes de Jefferies, Dai-ichi perçoit le risque que le déclin démographique au Japon puisse conduire à une diminution de la base de profits.
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