Le gouvernement fait profil bas dans le dossier BNP Paribas
Le gouvernement français a adopté un profil bas dans le conflit entre BNP Paribas et les autorités américaines, où la banque française serait menacée d’une amende qui pourrait dépasser 10 milliards de dollars (7,3 milliards d’euros), selon le Wall Street Journal et des sources proches des négociations. Interrogé lundi par Reuters en marge d’un déplacement dans les Bouches-du-Rhône, le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg, s’est montré, une fois n’est pas coutume, d’une extrême prudence. «Je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas vous faire de déclaration à ce stade, a indiqué le ministre. Ce n’est pas possible, je ne peux pas pour l’instant. On se reverra.»
Le dossier sera «évidemment évoqué» lors de l’entretien bilatéral que les présidents François Hollande et Barack Obama auront jeudi, à la veille du 70e anniversaire du Débarquement allié du 6 juin 1944, dit-on de source diplomatique française. L’Elysée et les services du Premier ministre ont refusé de faire le moindre commentaire.
Si les accusations contre BNP Paribas sont confirmées, «il faut absolument que l’Etat français ne s’en mêle pas», recommande pour sa part la députée socialiste Karine Berger. Celle-ci justifie notamment cette prudence par le fait que, «si les faits sont avérés, la position américaine est parfaitement compréhensible». «Ce n’est pas un jeu économique. On est dans un jeu politique, poursuit-elle. Et si BNP Paribas a voulu aller à l’encontre de cette position politique des Etats-Unis, elle devra en tirer les conséquences.»
Plus d'articles du même thème
-
Rexel veut muscler son jeu aux USA avec le rachat de GCG pour 1,4 milliard de dollars
Le distributeur de matériel électrique Rexel renoue avec la croissance externe en s'offrant une plateforme spécialisée dans les infrastructures. -
Le dollar accompagne la hausse du pétrole
Le billet vert peut régulièrement se recorréler au cours du pétrole, cette fois-ci davantage en lien avec les pressions inflationnistes aux Etats-Unis que pour son rôle de valeur refuge. Mais cette "recorrélation" avec le cycle monétaire n’est par définition pas forcément durable. Surtout si les autres banques centrales remontent aussi leurs taux. -
Le collège de l'AMF requiert une lourde sanction contre Auris Gestion et ses deux dirigeants
L’organe de poursuite a sollicité une amende d'un million contre la société de gestion, assortie d’un avertissement, et de 500.000 en cumulés contre deux de ses dirigeants.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : « La modération est devenue inaudible »
Face à une succession de crises, la quête de protection des Français bouscule le jeu politique, poussant les partis traditionnels à imiter les extrêmes à l'approche du scrutin -
Crise des carburants : d'où vient le gazole que consomment les Français ?
Une éventuelle décision de Donald Trump de stopper les exportations américaines de pétrole raffiné fait craindre à la France, qui importe la moitié de son diesel, une flambée des prix qui pourrait atteindre 3,90 euros le litre -
Mystification« Le pacifisme dévoyé de Jean-Luc Mélenchon fait le jeu de Vladimir Poutine »
Sous couvert de prévenir toute escalade, le leader insoumis « s'accommoderait parfaitement d’une annexion de l’Ukraine et se place du côté de l’agresseur russe », analyse Philippe Marlière, politiste à l’Université de Londres et spécialiste des gauches