Le Crédit Mutuel éprouve la solidité de son alliance avec Banco Popular
Le projet d’augmentation de capital de 2,5 milliards d’euros de Banco Popular, annoncé lundi, concerne au premier chef le Crédit Mutuel-CIC, qui détient (à la date du 30 juin) 4,5% du capital de la banque espagnole. Cette dernière a précisé que ses actionnaires de référence avaient accepté l’opération à l’unanimité. Mais le groupe mutualiste français n’a pas officiellement indiqué l’attitude qu’il adopterait.
«Nous n’avons rien à dire sur le sujet», répond le Crédit Mutuel à L’Agefi. Il a acquis cette participation (et nommé un représentant au conseil d’administration) en novembre 2010, dans les mois qui ont suivi la création d’une plate-forme bancaire commune en Espagne à 50/50 avec Banco Popular, baptisée Targobank – la même marque que sa filiale à 100% en Allemagne. Le groupe présidé par Michel Lucas avait alors payé au prix fort son entrée sur le marché espagnol, en déboursant 294 millions d’euros pour une participation de 5% à l'époque.
Participer à l’augmentation de capital induirait pour le mutualiste une dépréciation importante de cette ligne dans ses comptes. Côté positif, «le fait que le Crédit Mutuel moyenne à la baisse sa participation laisse entrevoir une possibilité de plus-value ultérieure, mais il devrait pour cela s’armer de patience», précise un analyste spécialiste des valeurs bancaires espagnoles.
A contrario, au cours actuel, le groupe français se retrouverait massivement dilué s’il ne souscrivait pas à l’augmentation de capital. Il est entré au capital de son partenaire alors que ce dernier cotait 4,22 euros le 16 novembre 2010. Banco Popular a fini à 1,58 euro mardi soir (en baisse de 1%). Il n’en reste pas moins qu’une abstention marquerait un signe de manque de confiance à l’égard de son partenaire. «Le Crédit Mutuel pourrait alors jeter sa coopération aux orties», estime l’analyste.
D’autant que le groupe a rappelé en début d’année avoir un accord de principe pour augmenter sa participation au capital de Banco Popular. En outre, le pacte qui lie les deux établissements stipule que le français pourrait acquérir 20% de participation supplémentaire dans Targobank.
En décembre 2011, le CM-CIC a d’ailleurs profité de l’augmentation de capital (avec droits préférentiels) de l’italien Banco Popolare di Milano, dont il était actionnaire à 2% depuis 2005, pour se renforcer considérablement et détenir 7,55% du groupe.
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