Le Crédit Mutuel de Strasbourg savoure sa victoire du moment sur Arkéa
Ils étaient plus de 6.000 vendredi au parc des expositions du Wacken, à Strasbourg, pour l’assemblée générale (AG) du Crédit Mutuel Centre Est Europe (CMCEE). Une AG pas comme les autres. Après un hommage appuyé à Michel Lucas, le bâtisseur du CM 11-CIC (le CIC et dix fédérations regroupées autour du CMCEE), Alain Fradin, directeur général, a présenté «des résultats records, pas faciles à reproduire en 2016». A la suite de ce rapport d’activité, place au rapport moral présenté par Nicolas Théry, président du CMCEE. Avec, en guise de conclusion, un appel à «faire comme dans ces matchs de foot trop durs mais qui se terminent bien: un partout, balle au centre». Semblant ainsi tendre la main au Crédit Mutuel Arkéa (trois fédérations), Nicolas Théry a parlé de la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM) comme de «la maison commune : la leur comme la nôtre».
La décrivant comme «légale» et «respectueuse de l’autonomie» de ses membres, il a précisé qu’elle bénéficie du soutien de seize fédérations sur dix-neuf, de cinq caisses fédérales sur six et donc de 86% des voix à son AG. C’est cette écrasante majorité d’entités partageant le même système d’information et les mêmes filiales d’assurances qui pose problème à Arkéa. Jean-Pierre Denis, son président, a de ce fait initié plusieurs procédures judiciaires. Mais la décision du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris le 26 mai n’est, cette fois, pas allée dans son sens.
Le TGI «a débouté Arkéa de sa demande de nullité de la marque Crédit Mutuel, a expliqué Nicolas Théry. Et il a considéré qu’Arkéa n’avait pas intérêt à agir car faisant partie du Groupe Crédit Mutuel». Jean-Pierre Denis avait proposé une «séparation ordonnée» afin de disposer de son propre organe central pour le groupe Arkéa ainsi constitué, mais dont les fédérations et Caisses auraient continué à utiliser l’appellation Crédit Mutuel. Pour lui, la décision du TGI «laisse donc la porte ouverte à toute discussion» avec les autres membres de la CNCM.
Après avoir appelé Crédit Mutuel Arkéa à y «reprendre toute sa place», Nicolas Théry a toutefois précisé que, «si les Caisses locales et fédérations du Crédit Mutuel Arkéa voulaient quitter la Confédération, il faudrait qu’elles se prononcent en AG, sur la base d’une information objective et éclairée». La balle serait finalement dans le camp de l’Ouest.
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