Arkéa et le reste du Crédit Mutuel campent sur leurs positions respectives
L’armistice n’est pas pour demain entre le Crédit Mutuel Arkéa, qui rassemble les trois fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central, et le reste du groupe mutualiste, dont la puissante fédération de Strasbourg. Dernier épisode en date de cette guerre picrocholine : le conseil de la Confédération du Crédit Mutuel a approuvé hier ses nouveaux statuts, visés par Bercy, et a rejeté les demandes de réforme du groupe breton, qui cherche à faire sécession.
Le 3 mai, Jean-Pierre Denis, président du Crédit Mutuel Arkéa, a rencontré Nicolas Théry, successeur de Michel Lucas à la présidence confédérale. Il lui a proposé de s’accorder, avant le 26 mai, sur le principe d’une «séparation ordonnée». En échange du retrait des procédures juridiques qu’il a intentées, Arkéa réclame sa reconnaissance par la loi en tant qu’organe central séparé. Mais il veut que ses fédérations et caisses locales puissent continuer à utiliser la marque Crédit Mutuel, ce que le reste du groupe conteste, soulignant que celle-ci appartient à la Confédération.
Arkéa souhaite aussi signer un pacte de non-agression commerciale. Le Crédit Mutuel s’engagerait à ne pas intervenir dans les onze départements couverts par les trois fédérations d’Arkéa, et à l’inverse ce dernier n’irait pas empiéter sur le reste du territoire sous le nom Crédit Mutuel. Un engagement à la portée toute relative, puisque le groupe breton dispose d’outils nationaux sous d’autres marques, comme Fortuneo, capables de concurrencer toutes les fédérations.
Dans un communiqué, la Confédération lui oppose donc une fin de non-recevoir, rappelant «son souhait de préserver l’intégrité territoriale du Crédit Mutuel représenté par la Confédération nationale». Celle-ci souligne que les nouveaux statuts votés hier «respectent strictement» les principes d’autonomie des caisses. Arkéa «ne peut que regretter que les tentatives constructives d’ouverture et de dialogue se soldent par un tel rejet», a réagi Brest.
Pour enfoncer le clou, un prochain conseil se penchera sur une réforme du mécanisme de solidarité au sein du groupe. Cette évolution, demandée par la BCE, devra «respecter le principe de subsidiarité inhérent au Crédit Mutuel, en traitant d’abord les questions au niveau local et régional» et «assurer la protection des dépôts de tous les sociétaires».
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