Le crédit immobilier facile préoccupe la Banque de France
Les conditions d’octroi des crédits immobiliers en France se dégradent. Pointé du doigt mi-juin par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), le phénomène s’est trouvé étayé hier par une étude de la Banque de France. Les critères d’octroi «retrouvent parfois les niveaux observés en 2007‑2008. Cela contribue à la dynamique des crédits et à une hausse des prix plus rapide que celle des revenus des ménages»,constatent les auteurs de l’étude.
Alors que l’encours des prêts immobiliers aux ménages a dépassé la barre des 1.000 milliards d’euros en 2018, la durée moyenne des nouveaux prêts accordés était de 19,9 ans l’an dernier. Soit une hausse de onze mois en un an, qui ramène cet indicateur à ses sommets de 2008. Pour les primo-accédants, la durée moyenne atteint 22,1 ans (six mois de plus). Entre-temps, deux spécialistes de l’accession qui prêtaient parfois sur des durées supérieures à trente ans, le Crédit Foncier et le Crédit immobilier de France, ont cessé leur activité.
Mais une «faible sinistralité»
D’autres indicateurs se dégradent aussi. Il faut désormais 5,2 années de revenus à un ménage pour rembourser la totalité de son prêt. La loan-to-value, qui rapporte le montant du crédit à la valeur du bien, atteint 87,3% et dépasse même 90% chez qui ceux qui achètent pour la première fois. Il s’agit d’un record historique. Seul le taux d’effort moyen, qui mesure l’ensemble des charges récurrentes des emprunteurs par rapport à leurs revenus, n’a pas retrouvé ses sommets : à 30,1%, il bénéficie de la faiblesse des taux d’intérêt et du caractère plat de la courbe des taux.
«Malgré le relâchement observé des critères d’octroi, le marché français du financement de l’habitat continue de bénéficier d’une faible sinistralité», note la Banque de France, avec un taux de défauts trimestriel de 0,18% et un coût du risque de 3 points de base.
Il reste que «cet assouplissement des conditions d’octroi, associé à la dynamique de l’endettement des ménages, soulève des questions sur sa soutenabilité et son impact, à terme, pour la stabilité du système financier», indique l’étude. C’est l’une des raisons qui ont poussé le HCSF à relever le coussin de fonds proprescontracyclique imposé aux banques.
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