Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
Morgan Stanley, avec ses 8.000 milliards d’actifs sous gestion, a annoncé le lancement du Morgan Stanley Bitcoin Trust (MSTB), passant ainsi de figurant à acteur du domaine, d’intermédiaire à émetteur de produit cotés exposés au bitcoin.
Mais il faut parler plutôt d’ETN que d’ETF : si le principe de cotation en continu reste le même, un ETN (exchange traded Note, vs Fund) ne détient pas les actifs directement. Pour le bitcoin, la société émettrice du véhicule passe par un dépositaire spécialisé qui détient l’actif numérique, servant de collatéral, pour ensuite restituer la performance de l’actif à l’ETN.
Battre la concurrence
L’établissement financier s’installe sur un marché largement dominé par la tour voisine, Blackrock. L’iShares mène la danse avec son ETN bitcoin valorisé à 58 milliards de dollars, suivi de Fidelity portant 13,8 milliards de dollars de bitcoin. L’arrivée sur ce marché d’une grande banque américaine va dans le sens de légitimiser, une fois de plus, la présence des cryptos-actifs dans la construction de portefeuilles d’investissement. D’autres banques pourraient suivre le mouvement.
Sur un marché des ETF où la concurrence fait rage, où chaque point de base compte, le MSBT se positionne avec les frais les plus bas du marché à 0,14%. Onze points de base de moins que ses deux concurrents mentionnés plus haut. Ce tarif des plus attractif couplé avec les encours sous gestion du troisième gérant d’actif mondial (gestion d’actifs et gestion privée) promet un taux de pénétration important sur le marché américain.
A lire aussi: Un ETF permet de profiter du bitcoin la nuit
Bitcoin et la fenêtre d’Overton
La devise numérique marque le pas depuis son pic d’octobre à plus de 125.000 dollars, l’iShares de Blackrock avait alors atteint un encours de 100 milliards de dollars. Son cours a depuis perdu 40% et accuse un recul de 20% sur l’année 2026, flirtant aujourd’hui avec les 71.000 dollars.
Par ses communautés qui ne cessent de croître, un lobbyisme institutionnel de plus en plus présent et des États qui se créent des réserves de cryptomonnaie, ce « Nouveau Monde » a vu sa fenêtre d’Overton se décaler jusqu’au système bancaire traditionnel. De l’impensable à la loi. Un monde sans intermédiaire, administré par des interconnexions entre les participants et non par un système central.
L’adoption récente par le système financier et l’enjeu systémique qui en découle rend illusoire la stricte liberté promise. Le prix d’une prophétie auto-réalisatrice...
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