Le Conseil de résolution unique douche les espoirs des investisseurs de Banco Popular
Les actionnaires et les créanciers de Banco Popular Español (BPE), la banque espagnole mise en résolution en juin 2017, n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Dans une décision préliminaire rendue publique hier, le Conseil de résolution unique (CRU) a indiqué ne pas avoir «l’intention de verser des indemnités aux anciens actionnaires et créanciers de BPE dont les intérêts ont été affectés par la décision de résolution». Le CRU se base pour cela sur les conclusions du rapport dit «Valuation 3» dont la rédaction avait été confiée, conformément aux règles, à un tiers indépendant, en l’occurrence le cabinet Deloitte.
Cette évaluation devait permettre de déterminer si les actionnaires et les créanciers de BPE auraient été mieux traités si la banque avait été liquidée dans le cadre d’une procédure d’insolvabilité normale. «Le rapport Valuation 3 conclut que, dans le cadre d’une procédure d’insolvabilité normale, les pertes globales auraient été sensiblement plus élevées que les pertes réalisées dans le cadre de la résolution», indique le CRU.
La résolution a entrainé 11,4 milliards d’euros de pertes pour les investisseurs, dont 9,4 milliards pour les actionnaires et 2 milliards pour les détenteurs de dette subordonnée. Si BPE avait été liquidée selon les règles classiques en vigueur en Espagne, les pertes se seraient élevées à 23,4 milliards d’euros dans le meilleur des cas (soit une liquidation des actifs sur une période de sept ans), a calculé Deloitte, dont 10,8 milliards pour les créanciers subordonnés et 3,3 milliards pour les détenteurs de dette non sécurisée. Dans le pire des cas (liquidation en un an), les pertes auraient culminé à 34,1 milliards.
Le dossier n’est pas encore totalement refermé. Le CRU a ouvert hier, et jusqu’au 14 septembre 2018, la phase d’enregistrement de la procédure dite du droit d'être entendu, permettant aux investisseurs concernés «d’exprimer par écrit leur point de vue sur la décision préliminaire». «De plus amples détails seront communiqués avant l’ouverture de la deuxième phase de la procédure», a précisé le CRU.
Les critiques ne devraient pas manquer. Dès hier, le cabinet Quinn Emmanuel Urquhart & Sullivan, qui conseille notamment Pimco et Anchorage dans ce dossier, a réaffirmé ses interrogations sur la crédibilité du rapport établi par Deloitte, en conflit d’intérêts selon lui.
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