Le choix de la FFSA place les dirigeants de CNP dans une position délicate

Thomas Saunier, de Generali France, a été préféré pour le poste de délégué général à Antoine Lissowski, qui reste à ce stade au sein de l’assureur public
Alexandre Garabedian

La FFSA a tranché. Thomas Saunier, membre du comité de direction générale de Generali France, va prendre les fonctions de délégué général de la Fédération française des sociétés d’assurance. Cet X Ensae succède à Jean-François Lequoy, parti en début d’année chapeauter les activités d’assurance de Natixis, promises à de grandes ambitions au sein de la filiale de BPCE.

Au passage, Generali France, dont le patron Eric Lombard est passé par le cabinet de Michel Sapin à Bercy en 1992, trouve un autre relais auprès des pouvoirs publics.

Bernard Spitz, le président de la FFSA, ainsi que Thierry Martel (Groupama) et Claude Tendil (Generali…), représentants des deux familles mutualistes et capitalistes au sein du lobby de l’assurance, ont donc écarté Antoine Lissowski. Le directeur général adjoint et directeur financier de CNP était lui aussi candidat au poste. Hier matin, le premier assureur vie français a indiqué qu’Antoine Lissowski «poursuit normalement sa fonction et sa mission au sein de CNP Assurances».

Il n’empêche, la direction de la compagnie publique donne des signes d’instabilité à un moment clé pour le groupe, engagé dans un bras de fer avec BPCE sur l’avenir de son partenariat commercial avec les Caisses d’Epargne. Même si CNP conserve pour le moment l’un de ses poids lourds, l’officialisation de la volonté de départ d’Antoine Lissowski à la FFSA trahit les limites de la gouvernance actuelle. Le candidat malheureux à la direction générale de l’assureur, finalement confiée à Frédéric Lavenir en septembre 2012, regarde logiquement ailleurs. D’autant qu’entre les deux hommes, «on ne peut pas dire qu’il y ait une totale convergence de vue sur le dossier BPCE», glisse une partie prenante aux discussions.

D’aucuns s’interrogent aussi sur l’orientation du futur tandem Spitz-Saunier à la tête de la FFSA. Antoine Lissowski a davantage un profil d’homme de dossiers à la Jean-François Lequoy, complémentaire du «politique» Bernard Spitz, ce qui serait moins le cas de Thomas Saunier. «Avec Pascal Demurger à sa présidence et Arnaud Chneiweiss comme secrétaire général, le Gema pourrait être plus pointu que la FFSA sur des sujets de fond pour l’assurance comme la réforme du régime des catastrophes naturelles ou de la responsabilité civile médicale», prédit un bon connaisseur du secteur.

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