Le calendrier de l’union entre La Banque Postale et CNP s’accélère
La création du «grand pôle financier public» autour de la CDC, La Poste, La Banque Postale (LBP) et CNP, annoncée il y a un an, se fait de plus en plus concrète. «Je souhaite que cet outil financier public au service de l’intérêt général avec 1.000 milliards d’euros d’actifs puisse être opérationnel en janvier 2020», a déclaré, mardi lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, enjoignant aux différents acteurs de «tenir le calendrier». «Les obstacles étaient considérables : financiers, culturels, politiques. Nous les avons levés en dix-huit mois, un par un, avec méthode», a-t-il ajouté. Après la promulgation de la loi Pacte en mai, l’AMF (Autorité des marchés financiers) a accordé, la semaine dernière, une dérogation à une OPA sur la totalité de CNP Assurances, assimilant la prise de contrôle de l’assureur par La Banque Postale à un reclassement au sein de la CDC.
Une phase réglementaire
«Toutes les parties prenantes, après d’infinies discussions, se sont désormais accordées sur les termes de la transaction, qui a été définitivement conclue», a précisé Bruno Le Maire sans indiquer le montant des valorisations de La Poste. Au terme de l’opération, avec la cession des parts de la CDC et de l’Etat dans l’assureur, LBP détiendra 62,13% du capital de CNP, le solde étant aux mains de BPCE (16,11%) et du grand public (21,76%). Mais tous les voyants sont loin d’être au vert. «Nous sommes dans une phase d’obtention des autorisations réglementaires. Cela implique beaucoup de dossiers dans beaucoup de pays», a expliqué Eric Lombard, le directeur général de la CDC. Les acteurs travaillent à obtenir les validations des autorités de la concurrence française et européenne, de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de la BCE.
Baptisé «Mandarine», le projet doit permettre de «gagner en efficacité» en donnant aux territoires «un accès simple et lisible à des financements publics et aux investissements pour se développer», a rappelé Bruno Le Maire. Le pôle accompagnera le développement des maisons de services publics dans chaque canton et du très haut débit dans les territoires ruraux. Le second objectif est de créer un solide groupe de bancassurance public. «Les prêts de La Banque Postale aux TPE et PME viendront compléter ce que propose la BPI», a insisté le ministre.
Côté assurances, CNP aura une garantie d’exclusivité de distribution avec le réseau de LBP, ce qui permettra de mieux «connecter l’épargne des Français au financement de l’économie réelle», pour Bruno Le Maire. «Nos plates-formes d’assurances LBP Prévoyance et LBP IARD ont vocation à rejoindre CNP», complète Rémy Weber, le président du directoire de LBP, qui souligne au passage l’échéance du partenariat en assurance dommages avec Groupama en 2021. «CNP ne fait pas d’IARD, ce sera une nouvelle activité pour eux», ajoute-t-il. CNP deviendra par ailleurs «le fer de lance de l’internationalisation de La Banque Postale», selon le dirigeant.
L’assureur a d’autre part renforcé ses liens avec BPCE avec une prolongation de leur partenariat industriel jusqu’en 2030, notamment en ce qui concerne l’assurance emprunteur et la gestion d’actifs. Natixis, la banque d’investissement de BPCE, doit ainsi reprendre la gestion d’actifs de La Banque Postale dans les activités de gestion de taux. «Ces produits nécessitent des tailles critiques importantes», explique Rémy Weber.
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