LBP AM et Ostrum comptent donner une taille critique à leur gestion taux
La Banque Postale et Natixis emploient les grands moyens pour améliorer leur point mort dans la gestion taux. Dans le cadre d’un vaste accord industriel annoncé mardi soir entre BPCE, la Banque Postale et CNP, lié au prochain adossement de l’assureur à la filiale bancaire de La Poste, les deux groupes ont dévoilé un projet de fusion d’une partie de leurs activités de gestion d’actifs.
La Banque Postale et Natixis mettront en commun leur gestion assurantielle et fixed income, réalisée notamment pour le compte de CNP Assurances et de Natixis Assurances. Le périmètre concerné ne comprend donc qu’une partie des activités d’Ostrum, la filiale de Natixis Investment Managers (NIM), et qu’une partie de celles de La Banque Postale Asset Management. Le futur ensemble pèserait autour de 400 milliards d’euros d’encours, dont environ 220 milliards d’euros apportés par Ostrum, qui dégagerait par ailleurs sur cette activité une rentabilité supérieure à celle de LBP AM, selon des sources proches du dossier.
De nombreux paramètres restent à préciser. Les deux partenaires n’ont par exemple pas encore décidé si un Ostrum recentré à 100% sur la gestion assurantielle et le fixed income servirait de réceptacle aux activités de LBP AM, ou s’ils créeront une société ad hoc à laquelle chacun apporterait ses actifs. Mais ils sont d’accord sur l’essentiel : NIM restera majoritaire au capital de ce futur ensemble, et la transaction devrait se faire sans sortie de cash. De son côté, LBP AM restera majoritairement contrôlé par sa maison mère, le néerlandais Aegon étant minoritaire.
Les deux partenaires espèrent ainsi, avec ce projet, régler le sujet de la taille critique dans les métiers concernés. L’économie de la gestion fixed income pour les institutionnels, activité très concurrentielle et à faibles marges, s’est encore dégradée ces dernières années en raison de l’écrasement des taux d’intérêt. Il était de notoriété publique que les deux maisons cherchaient un partenaire. Natixis avait envisagé, à l’échelle de NIM (ex-NGAM) et non d’Ostrum, un mariage avec Axa IM en 2017, mais le conseil d’administration de l’assureur s’était cabré devant la perspective de perdre le contrôle de son asset management. Depuis, Ostrum avait annoncé fin 2018 un objectif de réduction de coûts de 25% et 50 départs volontaires dans ses équipes d’ici 2020.
Avec 400 milliards d’actifs, le futur ensemble ne serait devancé en Europe dans cette classe d’actifs que par Amundi, ou par des gestionnaires filiales d’assureurs, comme Axa IM, AllianzGI et Legal & General IM. Les deux partenaires espèrent bien dégager des synergies de coûts, non chiffrées à ce stade. Le communiqué publié mardi soir évoque «une gouvernance équilibrée, garantissant en particulier la mise en commun d’outils IT et les droits de chacune des parties sur ces outils», mais l’objectif est de parvenir à un seul système informatique pour le nouvel ensemble. Si l’aspect défensif du projet est évident, LBP et Natixis comptent aussi, à terme, attirer d’autres clients assureurs, en faisant valoir qu’ils travaillent déjà aujourd’hui pour deux compagnies et non pas un seul donneur d’ordres. La gestion a vocation à être 100% ISR, un objectif que La Banque Postale AM s’était déjà fixé pour l’ensemble de ses expertisesà horizon 2020.
«Ce projet de rapprochement s’inscrit dans la continuité du partenariat entre BPCE et LBP en gestion d’actifs immobiliers constitué en 2016 avec le rapprochement de Ciloger et AEW», rappelle le communiqué. Les deux groupes, surtout, ont une longue histoire commune, forgée dans l’orbite de la Caisse des dépôts.
Plus d'articles du même thème
-
Eleva gère près de 18 milliards d'euros
La société de gestion Eleva gère 17,6 milliards d’euros, rapporte Les Echos. La boutique fondée en 2015 par Eric Bendahan, a collecté en net 1,3 milliard d’euros en 2025 et encore 560 millions d’euros depuis le début de l’année 2026. La société de gestion a de nouveau été reconnue comme la préférée des institutionnels français pour sa gestion actions européenne dans le sondage publié par le cabinet Amadeis, indique le quotidien. Elle compte 40% de clients en France, 38% dans le reste de l’Europe et 12% dans les autres régions du monde. -
L&G nomme un directeur des risques pour sa gestion d’actifs
Le groupe britannique a embauché Nigel Drury. -
Vanguard se tourne vers l’investissement factoriel dans sa gestion passive
Deux nouveaux ETF dans le catalogue du gestionnaire américain. À la carte, deux styles de gestion : valeur et croissance, le tout reste passif. Dans cet univers, celui qui n’est pas à table est au menu. -
Barings ouvre son bureau à Abou Dhabi
Le gestionnaire d’actifs alternatifs développe son implantation au Moyen-Orient après l’ouverture du bureau à Dubaï. -
La gestion alternative de HSBC Asset Management change de direction
La branche de gestion d’actifs du groupe HSBC annonce la nomination de Thorsten Michalik au poste de directeur général de la gestion alternative. -
Mark Mobius, pionnier de l’investissement dans les émergents, est décédé
Agé de 89 ans, il a travaillé trente ans au sein de Franklin Templeton avant de fonder sa société.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Groupama AM va sensibiliser les étudiants d’HEC Paris à la gestion d’actifs
- UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- Stéphane Vonthron : «La qualité de l’écoute est clé pour un commercial»
Contenu de nos partenaires
-
Voyage voyageBrigitte Macron et la diplomatie des dames
Si l'épouse d'Emmanuel Macron accompagne souvent son mari dans ses déplacements, elle voyage rarement seule en tant que première dame. C'est le cas ce 22 avril, au Maroc -
Think differentTim Cook, le patron d'Apple qui savait tirer les marrons du feu
Après quinze ans à la tête d'Apple, Tim Cook a permis à l'entreprise à la pomme de devenir l'un des acteurs tech les plus valorisés au monde -
Mise au point« Oh my God, on a un problème » : pourquoi Engie parle au RN depuis 2024 et la dissolution
« Oui, j'étais au dîner avec Marine Le Pen », assume la dirigeante d’Engie, Catherine MacGregor, qui considère avoir un rôle à jouer « pour éduquer les décideurs politiques et ne pas laisser se cristalliser des idées délétères pour la France »