Le CAE souhaite une refonte des taxes sur les banques européennes
L’harmonisation fiscale européenne peine à se matérialiser. C’est dans le but de remédier à la concurrence fiscale au sein des Etats qui engendre «de multiples distorsions nuisibles à l’efficacité économique» que le Conseil d’analyse économique (CAE) a publié hier une note qui prône la relance de l’assiette commune consolidée pour l’impôt sur le bénéfice des sociétés (ACCIS), «éventuellement à travers une coopération renforcée ou une initiative ad hoc d’Etats membres volontaires». Un projet qui a néanmoins déjà suscité de fortes réticences de la part du Royaume-Uni mais également des Pays-Bas, de l’Autriche, du Luxembourg et de l’Irlande.
«Il existe déjà d’importants gains d’efficacité à obtenir d’une harmonisation et d’une consolidation des assiettes», notamment pour réduire les distorsions induites par la déductibilité des intérêts d’emprunts, indique néanmoins le CAE. Mais également pour éliminer plusieurs canaux d’optimisation et améliorer la capacité des multinationales à reporter leurs pertes, ainsi que pour réduire les coûts de mise en conformité supportés par les entreprises.
Dans le cadre de la mise en place de l’Union bancaire, le CAE souhaite également l’introduction d’un volet fiscal spécifique aux banques européennes, avec une fusion de toutes les taxes et contributions spécifiques à l’activité bancaire (hors IS) en une taxe unique sur l’activité financière et transférée dans le fonds de résolution unique. Une taxe de 5% permettrait ainsi de lever entre 10,6 et 23,4 milliards d’euros par an en fonction de l’assiette choisie.
En outre, une fois ces mesures mises en œuvre, le CAE souhaite l’instauration d’un IS minimum sur les banques dont les recettes, estimées à environ 20 milliards d’euros, seront transférées au budget de la zone euro. «Chaque Etat membre pourrait prélever une taxe nationale additionnelle pour atteindre son propre taux d’IS et ainsi ne pas traiter différemment les banques du reste de l’économie», précise le rapport.
Le rapport constate déjà une convergence progressive des mécanismes de redistribution au sein des principaux pays européens jusqu’en 2010, les pays scandinaves étant devenus moins redistributifs et l’Italie davantage.
Dans le même temps, les pays européens ont fortement baissé leur taux d’imposition moyen sur les bénéfices et sur les revenus, avec une hausse parallèle de la TVA entamée depuis 2008.
Plus d'articles du même thème
-
Rexel veut muscler son jeu aux USA avec le rachat de GCG pour 1,4 milliard de dollars
Le distributeur de matériel électrique Rexel renoue avec la croissance externe en s'offrant une plateforme spécialisée dans les infrastructures. -
Le dollar accompagne la hausse du pétrole
Le billet vert peut régulièrement se recorréler au cours du pétrole, cette fois-ci davantage en lien avec les pressions inflationnistes aux Etats-Unis que pour son rôle de valeur refuge. Mais cette "recorrélation" avec le cycle monétaire n’est par définition pas forcément durable. Surtout si les autres banques centrales remontent aussi leurs taux. -
Le collège de l'AMF requiert une lourde sanction contre Auris Gestion et ses deux dirigeants
L’organe de poursuite a sollicité une amende d'un million contre la société de gestion, assortie d’un avertissement, et de 500.000 en cumulés contre deux de ses dirigeants.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : « La modération est devenue inaudible »
Face à une succession de crises, la quête de protection des Français bouscule le jeu politique, poussant les partis traditionnels à imiter les extrêmes à l'approche du scrutin -
Crise des carburants : d'où vient le gazole que consomment les Français ?
Une éventuelle décision de Donald Trump de stopper les exportations américaines de pétrole raffiné fait craindre à la France, qui importe la moitié de son diesel, une flambée des prix qui pourrait atteindre 3,90 euros le litre -
Mystification« Le pacifisme dévoyé de Jean-Luc Mélenchon fait le jeu de Vladimir Poutine »
Sous couvert de prévenir toute escalade, le leader insoumis « s'accommoderait parfaitement d’une annexion de l’Ukraine et se place du côté de l’agresseur russe », analyse Philippe Marlière, politiste à l’Université de Londres et spécialiste des gauches