L’Autorité bancaire européenne taclée pour sa gestion des conflits d’intérêts
La Médiatrice européenne, Emily O’Reilly, a constaté que l’Autorité bancaire européenne (EBA) n’aurait pas dû autoriser son ancien directeur exécutif Adam Farkas à prendre les rênes du lobby financier AFME, selon un communiqué publié lundi. L’enquête a également constaté que l’EBA n’a pas immédiatement mis en place des mesures internes suffisantes pour protéger ses informations confidentielles un fois le changement de poste prévu.
La nomination d’Adam Farkas comme directeur général de l’Association for Financial Markets in Europe (AFME), qui regroupe les grandes banques d’investissement, avait été rendue publique en septembre 2019. Elle avait aussitôt déclenché des critiques sur le phénomène de pantouflage ou «revolving door», ces transferts entre régulateurs ou superviseurs et les institutions privées qu’ils chapeautent.
Selon l’enquête de la médiatrice, bien que l’EBA ait été informée du changement de poste le 1er août 2019, son directeur exécutif sortant avait accès à des informations confidentielles jusqu’au 23 septembre 2019. La médiatrice juge également que les restrictions imposées par l’EBA à Adam Farkas, telle que l’interdiction pendant 18 mois de faire du lobbying sur des sujets qu’il avait directement portés dans ses fonctions de superviseur, sont difficiles à vérifier en pratique.
Emily O’Reilly émet trois recommandations sur la gestion des conflits d’intérêt. Notamment, l’EBA «devrait, le cas échéant, invoquer la possibilité d’interdire à ses hauts fonctionnaires d’occuper certains postes après leur mandat. Une telle interdiction devrait être limitée dans le temps, par exemple pendant deux ans», suggère la médiatrice, dont l’enquête fait suite à une plainte de l’ONG Change Finance.
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