L’assurance vie, affaiblie par sa décollecte, défend son rôle sociétal
L’assurance française tient le choc», affirme Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA). Les chiffres présentés hier, lors du bilan annuel du secteur, ne sont pourtant guère rassurants pour l’assurance vie qui a enregistré des sorties nettes de 3,4 milliards d’euros, une première. Elle affichait 7,7 milliards de collecte en 2011, et plus de 50 milliards auparavant.
Pour la deuxième année consécutive, le Livret A et le livret de développement durable (LDD) ont davantage attiré l’épargne des Français. Plusieurs facteurs ont pesé: «l’attentisme des ménages, le besoin de liquidités, la prudence vis-à-vis d’un environnement incertain sur le plan fiscal et le relèvement du plafond du livret A et du LDD en octobre», énumère Bernard Spitz. Les cotisations vie (114 milliards d’euros en brut) sont revenues à leur niveau de 2004-2005, mais «le total des encours est en hausse de 3 %, soit 41 milliards d’euros», relève Bernard Spitz. Fin 2012, ils atteignaient 1.391 milliards d’euros.
Cette manne est au service de l’économie, a martelé le président de la FFSA: «si on veut préserver l’investissement de long terme, condition sine qua non de la croissance à long terme, il faut stabiliser le rôle fondamental de l’assurance vie». En clair, ne pas favoriser les placements de court terme et ne pas alourdir la fiscalité de l’assurance vie, qui représente 13 % du patrimoine des ménages.
L’association comptabilise 8,7 milliards d’euros de nouveaux prélèvements annuels depuis 2009, soit 0,8% de rendement. Face à la baisse des taux des obligations d’Etat, les placements des assureurs dans les entreprises (en actions, et surtout en obligations) dépassent désormais 1.000 milliards d’euros. 4,2 milliards ont notamment été investis l’an dernier dans des PME et ETI.
Sur ce créneau, après les fonds Nova 1 et 2 destinés à des opérations de primaire actions, la CDC et un groupe d’assureurs vont lancer ce semestre un fonds de dette. Selon une source proche du dossier, ce fonds commun de titrisation vise près d’un milliard d’euros, avec des tickets de 30 à 50 millions d’euros.
Le lobbying de la FFSA porte enfin au-delà des frontières. Elle a renforcé son bureau à Bruxelles avant de nouveaux débats sur la directive Solvabilité II, déjà assouplie l’an dernier, et sur l’intermédiation en assurance (initiative PRIPS).
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