L’assurance européenne s'élève d’une seule voix contre Solvabilité II
Solvabilité II suscite depuis longtemps les craintes des assureurs, mais l’industrie a décidé cette semaine de parler d’une seule voix sur le sujet. Le Comité européen des assureurs (CEA) a lancé une mise en garde contre les conséquences des futures normes prudentielles, dont le Ceiops, l’autorité européenne de supervision du secteur, vient de durcir tous les paramètres. Dans l’espoir de peser sur la Commission européenne et la cinquième étude d’impact qui sera calibrée entre avril et juin.
La forte hausse des exigences de ratios de solvabilité à compter de 2012 se traduirait par des besoins en capitaux supplémentaires évalués, rien qu’en France, à quelque 30 milliards pour les assureurs vie et 20 milliards pour les assureurs dommages. Au niveau des assurés, le CEA estime que les prix pourraient augmenter de 20 à 30% dans l’assurance vie et de 5 à 20% dans la couverture de certains risques à forte intensité capitalistique, comme la responsabilité civile ou la responsabilité automobile.
Au plan macroéconomique, des exigences de fonds propres accrues limiteraient les capacités d’investissement du secteur dans l'économie (marchés d’actions, investissements dans le non-coté) avec pour conséquence un «impact négatif sur l'évolution du PIB». Pour l’assurance retraite la baisse des rendements pourrait être de 30 à 50%, en tenant compte de placements dans des actifs moins risqués mais à rendement plus faible pendant des dizaines d’années.
L’Amice, qui regroupe les assureurs mutuels et coopératifs en Europe, s’est inquiétée hier du fait que «les exigences de fonds propres frapperont particulièrement» ses membres, avec pour conséquence une consolidation à marche forcée du secteur mutualiste.
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