L’assurance dommages est mise à rude épreuve depuis le début de l’année

En auto, la fréquence des dommages corporels est en hausse en France. Les grêles de juin pourraient coûter jusqu'à 900 millions d’euros aux assureurs
Antoine Duroyon
Le poids des intempéries
Éric Leandri, cofondateur et PGD de Qwant.  - 

Au rythme de 40.000 par jour, les assureurs ont enregistré l’année dernière en France 14,2 millions de sinistres en assurances dommages. Cela marque une légère augmentation par rapport aux 14 millions comptabilisés en 2012, selon les chiffres publiés hier par la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA). L’automobile en concentre la majorité, avec 8,4 millions d’événements déclarés, devant l’assurance multirisque habitation (4,5 millions) et celle des biens professionnels (1,3 million). La charge globale a augmenté de 2,3% sur un an, à 36 milliards d’euros. Dans le même temps, les primes encaissées ont progressé de 1,7% à 50,3 milliards d’euros.

Dans la branche automobile, si la baisse du taux de fréquence des sinistres a calé en 2013 (à 226 pour mille), l’inflation des coûts moyens s’est poursuivie. Une situation qui a largement affecté les indicateurs techniques, le ratio combiné du secteur passant de 101% en 2012 à 104% l’année suivante. Sur le début de l’année 2014, la fréquence des dommages corporels a augmenté de 9,3%, une météo clémente ayant favorisé l’usage des véhicules, en particulier des deux-roues.

Alors que le marché doit assumer la revalorisation des rentes versées aux victimes d’un accident de la circulation, une remontée durable de la sinistralité pourrait conduire à des hausses de tarifs. Un acteur comme la Matmut a néanmoins annoncé courant juin un gel des tarifs pour 2015, anticipant au passage les effets éventuels de la loi Hamon qui entrera en vigueur dans quelques jours.

En ce qui concerne le segment MRH, la FFSA note une hausse continue du nombre de cambriolages, à presque 400.000 l’an dernier, malgré une légère décrue amorcée depuis le début de l’année. La tendance est également à l’alourdissement de la facture climatique sur la durée. La FFSA chiffre à 2,5 milliards d’euros les indemnisations versées entre juin 2013 et juin 2014, contre une moyenne annuelle de 1,5 milliard sur vingt ans.

L’exercice 2014 est déjà parti «sur les chapeaux de roues», souligne Stéphane Pénet, directeur des assurances de biens et de responsabilité à la FFSA. L'épisode de grêle de début juin devrait coûter aux assureurs de 800 à 900 millions d’euros, estime la Fédération, un montant qui représente déjà une bonne partie de celui comptabilisé sur 2013 pour l’ensemble des intempéries. La FFSA appelle donc à ressortir des cartons le projet de modernisation du régime de catastrophes naturelles, qui se fait désirer depuis plusieurs années.

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