La Société Générale expérimente des fermetures d’agences pendant l’été
Dans le cadre de tests sur des horaires d’ouverture aménagés, certaines agences Société Générale peuvent être ouvertes une demi-journée plutôt qu’une journée entière et d’autres complètement fermées pendant l’été afin de regrouper les effectifs dans des agences plus grandes, a confirmé une porte-parole à Reuters. Tout comme d’autres établissements en Europe, la deuxième banque française tire les leçons de la montée en puissance des services de banque en ligne mais aussi de l’environnement économique déprimé.
Ces quatre dernières années, le nombre de connections à ses services bancaires en ligne en France a plus que triplé. D’après une enquête de la Fédération bancaire française (FBF), la proportion des clients se rendant plusieurs fois par mois dans leur agence bancaire est tombée à 17% en 2013 contre 52% en 2010.
Signe des perspectives offertes par la banque en ligne, la Société Générale a récemment racheté les parts des minoritaires de sa filiale Boursorama. Lors de la présentation de ses résultats trimestriels début août, marqués par la baisse de 2,55% de son produit net bancaire de ses activités de détail au deuxième trimestre, la banque française a annoncé que 60 % du programme de réduction des coûts étaient sécurisés. Les « gains de productivité en front et back-office dans le pôle de banque de détail en France » - qui comprennent la « digitalisation de la communication avec les clients » et la « réduction du nombre d’agences avec caisse dans les réseaux » - figuraient parmi les principales réalisations.
Au cours du premier semestre, la Société Générale a entamé une étude sur les horaires d’ouverture de ses agences, prévue pour durer entre six et huit mois. La fermeture pendant l'été fait partie des tests, a indiqué une porte-parole de la banque. Celle-ci n’a pas voulu précisé le nombre d’agences concernées ni donner plus de détails sur les fermetures estivales. Entre 2010 et 2013, la Société Générale a réduit de 2% environ le nombre de ses agences à 3.161. La banque prévoit de présenter les résultats de l’étude sur les horaires d’ouverture aux syndicats.
Dans les autres grandes banques hexagonales, aucune indication n’a pour l’instant filtré sur une éventuelle expérience similaire à celle de la Société Générale. BNP Paribas, dont le réseau d’agences en France est moins grand, vise 210 millions d’euros d’investissements sur les trois années qui doivent permettre d’adapter les 2.139 agences françaises à la montée de la banque en ligne et à l'évolution des pratiques de la clientèle. BNP a réduit de 5% le nombre de ses agences depuis 2010. Elle a lancé l’an dernier à l'échelle de l’Europe Hello Bank!, entièrement en ligne.
De son côté BPCE, deuxième banque de détail en France, a lancé deux banques en ligne depuis 2010. Le Crédit Agricole, première banque de détail en France, n’a pu être jointe pour un commentaire.
Associant fermeture et redéfinition du rôle des agences, les banques de détail françaises développent des modèles alternatifs - agences phares (flagships), e-agences, agences express, visioconférences. Outre une potentielle réduction de coût, la digitalisation croissante de leur activité représente, pour les banques, une réelle opportunité en termes d’amélioration de la relation client. « Plus un client entretient des relations électroniques, plus il est fidèle à sa banque et la recommande » a déclaré Dirk Vater, associé et directeur de Bain & Company courant 2014.
En Europe, «parmi les vingt premières banques, seules deux ou trois continuent d'élargir leur réseau. La densité des agences par habitant a plus que doublé en quarante ans. Aujourd’hui, si la plupart des banques continuent d’investir dans leur réseau, elles cherchent à rationaliser leur présence physique, non pas en l'éliminant mais en se concentrant sur certaines zones stratégiques et en l’optimisant » analyse Wayne Busch, managing director de North America Banking chez Accenture. « En moyenne, une agence coûte entre 1,3 et 1,4 million d’euros par an. Chaque établissement bancaire, pour atteindre ses objectifs de coefficient d’exploitation, va donc se redimensionner. Les banques vont fermer 3 % des agences par an, soit 3.000 agences d’ici à 2017», a déclaré Anatole de la Brosse, directeur général adjoint, Sia Partners à l’Agefi. Entre 2010 et 2013, la Société Générale a réduit d’environ 2 % le nombre de ses agences.
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