La Société Générale cherche des ressources auprès de la clientèle islamique
La Société Générale n’entend pas passer à côté du développement de la finance islamique pour diversifier ses sources de financement. La banque française a annoncé hier qu’elle avait obtenu l’aval des autorités malaisiennes pour émettre jusqu’à un milliard de ringgits (228 millions d’euros) sous forme de sukuks. Ces obligations islamiques pourront être multidevises et avoir une maturité jusqu’à 15 ans.
Elles seront émises par le véhicule ad hoc Alef II SA, créé pour servir de conduit de financement à l’établissement en Asie. L’agence de notation RAM Ratings a assigné la note AAA à ce programme, avec une perspective stable – et en a profité pour réaffirmer le triple A qu’elle attribue à la Société Générale. L’opération a été arrangée et conseillée par Hong Leong Islamic Bank Berhad, tandis que le certificat de compatibilité avec la charia a été délivré par Amanie Advisors.
Si le programme n’est pas déterminant par son montant, il permet à l’établissement français d’espérer poursuivre la diversification de sa base d’investisseurs asiatiques et au Moyen-Orient, alors que l’industrie et les actifs financiers sont promis à une croissance exponentielle dans les prochaines années. «Ce développement démontre l’engagement de la banque à répondre aux besoins dynamiques de sa clientèle dans la région et dans le reste du monde, en enrichissant constamment son offre de produits», indique la Société Générale.
Il s’agit de la première opération en sukuk réalisée par une banque française, salue RAM Ratings dans son communiqué. «Cette étape représente un succès pour le marché mondial des sukuks et renforce la position de la Malaisie en tant que centre international de la finance islamique», ajoute l’agence. Une semaine plus tôt, la banque japonaise Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ a annoncé qu’elle envisageait une émission de sukuk en Malaisie, l’un des pionniers de ce marché dès les années 1980. Le pays est à l’origine de 61% des 290 milliards de dollars d’encours de sukuks, selon l’agence Moody’s.
La demande pour ce type de produits ne cesse de croître, alimentée par les investisseurs en provenance du Golfe et du sud-est asiatique. Le marché pourrait atteindre 3.400 milliards de dollars en 2018, selon une estimation d’Ernst & Young citée par Bloomberg.
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