La Société Générale change le contour de son corps social
Désormais, on ne parle plus de fermetures d’agences, mais de suppressions de postes… A quelques jours de la publication de ses résultats annuels (le 6 février) et à quelques mois de l’échéance de son plan stratégique, la Société Générale doit convaincre les marchés sur son niveau de capital, répondre aux exigences réglementaires, se différencier de ses concurrents en banque de détail, dans un paysage bouleversé par le numérique, mais aussi rassurer ses salariés. Et ce n’est pas chose facile.
Des fermetures d’agences ? Oui, la décision remonte à trois ans. Le mouvement touche maintenant les back-offices du réseau en France. Des suppressions de postes ? Aussi. Deux pôles sont particulièrement touchés : la banque de financement et d’investissement (BFI) et la banque de détail en France. Dans une moindre mesure la banque privée à l’international et le retail à l’étranger avec des cessions ciblées. Sur la seule année 2019, le groupe a communiqué sur deux plans : en avril, pour la suppression de 1.600 postes, dont 700 en France, puis en octobre pour 530 autres.
Le premier a rapidement atteint ses objectifs. Il faut dire que, si les conditions sont les mêmes pour tous, les professionnels de la BFI ont arbitré en six-huit mois. Le second plan ne touche pas les mêmes profils et s’inscrit davantage dans la durée, 2023. Mais s’ajoute aux 3.450 suppressions de postes déjà programmées entre 2016 et 2020 (avec une rupture conventionnelle collective). Le groupe avance un effectif total assez stable depuis 3 ans (près de 149.000 personnes dans le monde) et la récurrence des recrutements (qui seraient de 2.000 par an en France, jeunes diplômés et experts), mais aussi un dialogue nourri et ses accords avec les représentants du personnel, permettant un accompagnement en interne (la pyramide des âges ne jouant plus beaucoup). Il n’a pourtant pas calmé les craintes suscitées par une dépêche de Bloomberg sur un nouveau projet de réduction de coûts, le plan Ithaque, qui toucherait les fonctions support en France.
Toute la physionomie du groupe change. Des recrutements sont nécessaires en cash management ou cybersécurité, par exemple. Si c’est aussi le cas dans la conformité, cela ne le sera peut-être plus dans 3 ans. Et, dans les services informatiques (IT), ce sont aujourd’hui les développeurs qui ont la cote. Malgré de nouveaux outils d’auto-évaluation et les formations pour privilégier la mobilité, ainsi qu’une gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences, la Société Générale peine à chiffrer ses besoins par métier à trois ans.
Plus d'articles du même thème
-
Les émissions de titrisations SRT battent des records malgré la guerre
Ces opérations de transferts de risque synthétique (SRT) pourraient à nouveau battre des records en 2026. Les statistiques, tout comme les pratiques à risques, restent cependant peu documentées. -
Les banques de la zone euro continuent à durcir l’accès au crédit
Les banques de la zone euro ont encore durci leurs conditions d’octroi de crédit au deuxième trimestre en raison de craintes liées à l’instabilité géopolitique notamment. Elles prévoient un nouveau resserrement de ces conditions au cours du troisième trimestre, selon la dernière Bank Lending Survey (BLS) de la Banque centrale européenne (BCE). -
Sophie Seugnet prend la tête des activités de transaction services d’ING France
La banque y accompagne les grandes entreprises dans la gestion des flux financiers, les opérations internationales et les besoins de financement.
ETF à la Une
La Corée du Sud suspend la cotation des ETF à effet de levier
- Les créanciers d’Altice International contre-attaquent
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur du luxe amorce une reprise au deuxième trimestre
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
Contenu de nos partenaires
-
UltimatumMonique Barbut va présenter sa démission à Emmanuel Macron
La ministre de la Transition écologique a annoncé mardi soir, devant plusieurs médias dont l'Opinion, qu'elle présenterait sa démission au chef de l'Etat. En cause : le refus du gouvernement de revenir sur la réintroduction encadrée de l'acétamipride dans la loi agricole -
RemaniementSNCF : Jean Castex impose sa marque en remaniant la direction de SNCF Voyageurs
Le patron du groupe ferroviaire souhaite « impulser une nouvelle dynamique » chez sa filiale. En interne, Jean Castex défend une autre conception de la décentralisation des activités de sa filiale -
Bras de ferGuerre en Ukraine : les anciens contre les modernes
Le départ du ministre de la Défense Mikhaïlo Fedorov, en conflit sur des choix stratégiques avec le commandant en chef des armées Olexandr Syrsky, a provoqué des manifestations d’ampleur