La moitié de la hausse des prix des maisons aux Etats Unis s’explique par la dérégulation de l’offre de crédit
Chaire / Centre de recherche : Ecole d'économie de Paris (EEP)
Votre étude conclut que la dérégulation bancaire a contribué à l’envolée du prix des logements aux Etats-Unis : dans quelle mesure ?
Notre conclusion est qu’un tiers, voire la moitié de la hausse moyenne annuelle des prix des maisons, intervenue entre la fin des années 90 et celle des années 2000, s’explique par la dérégulation sur le plan géographique de l’offre de crédit bancaire. En 1994, l’ interstate banking and branching efficiency act généralise la possibilité pour les banques d’ouvrir des agences bancaires dans différents Etats.
Est-ce là l’une des explications de la bulle immobilière ?
Cette dérégulation n’explique pas à elle seule la formation de la bulle immobilière des années 2000. D’autres mesures ont joué un rôle important comme l’assouplissement du Glass Steagall Act qui séparait les activités de banque de détail de celles de banque d’investissement, ou encore l’autorisation de titriser les dettes. Sur les 10 années couvertes par notre étude, on peut penser que l’explosion des subprimes dans le contexte d’une politique de faibles taux d’intérêt menée par l’ancien président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, explique la moitié ou les deux tiers restant de la hausse moyenne des prix des logements.
Certains économistes estiment que les banques n’ont fait qu’accompagner le boom immobilier sans le provoquer…
Je ne pense pas. Nous avons testé notre hypothèse sur un échantillon placebo composé d’établissements de crédits immobiliers non bancaires (independant mortage companies), qui ne sont pas assujettis à la régulation bancaire. Or, leur offre de crédit n’a pas particulièrement augmenté durant la période concernée. Ce fait montre qu’il y a bien une cause exogène à la hausse des prix des logements.
Propos recueillis par LC
Plus d'articles du même thème
-
Le rial iranien en perdition
Retrouvez comme chaque semaine, le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
La progression des revenus et des résultats des activités de détail en France et à l'étranger, en agence et à distance, compense largement le vif recul de certains pans de la banque de financement et d'investissement. -
Engie poursuit son recentrage en préparant son désengagement du nucléaire belge
Cohérente avec la stratégie de l’énergéticien, cette décision reflète aussi la volonté du gouvernement de Bart De Wever d’avoir les mains libres pour mettre en œuvre sa politique énergétique. La lettre d’intention signée entre les deux parties marque le début d’un long processus de négociation.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Survivalisme« Sans primaire, ce sera l’apocalypse chez nous » : chez les Ecologistes, Marine Tondelier acculée par ses opposants internes
Le « there is no alternative » à la primaire de Marine Tondelier ne suffit pas à ramener l’ordre dans la maison écologiste. A mesure que l’illusion d’une candidature commune se dissipe, la numéro 1 des Verts se voit contrainte de sortir de l’ambiguïté : peut-elle faire cavalier seul en 2027 ? Si oui, en a-t-elle les moyens ? Sinon, derrière qui se ranger pour négocier un accord législatif sans se renier ? -
CastagneAu Sénat, le report d'une note sur un pesticide vire au pugilat
Le report d'une note scientifique sur l'acétamipride a frôlé la confrontation entre le sénateur PS Michaël Weber et le président LR de l'Office parlementaire scientifique -
Seine colèreEnseignement libre : la gauche tentée de rallumer la guerre scolaire en commençant par Paris
Les Parisiens n’ont pas fini de voir des parents protester contre des fermetures de classes. La capitale sera la ville de France où le choc démographique sera le plus brutal. Il y a désormais plus de décès que de naissances dans l’Hexagone. Les projections nationales évaluent la baisse prévisible du nombre des élèves à 1,7 million à l’horizon 2035.