La fraude sur cartes augmente en France malgré la migration aux standards EMV
A l’occasion de son rapport annuel, l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement a donné son évaluation des coûts engendrés par la migration aux standards EMV (Europay, Mastercard, Visa), engagée depuis 2001 en France. D’après les données rapportées par les acteurs interrogés, l’Observatoire estime que le total des investissements réalisés par les banques et autres acteurs pour le parc de matériel déployé sur le territoire s’élève à 394 millions d’euros. Les commerçants ont de leur côté estimé le coût total de leurs investissements (terminaux de paiements, distributeurs automatiques de carburants,…) à 340 millions d’euros, soit un total de 734 millions pour ces deux types d’acteurs.
Des coûts récurrents également, comme la mise en place de programmes de communication et d’audit, ou encore le renouvellement du matériel, sont venus s’ajouter à des postes de dépenses préexistants pour atteindre une moyenne annuelle de 41 millions d’euros à l’échelle nationale.
Le rapport 2010 de l’Observatoire indique que le taux de fraude enregistré en 2010 dans les systèmes français s’élève à 0,074%, soit un montant de 368,9 millions d’euros. En 2009, il s’élevait à 0,072% pour un montant de 342,4 millions d’euros. Malgré la baisse continue de la fraude aux points de vente et sur automates, l’augmentation du montant de la fraude dans le paiement à distance (passé de 82,2 millions à 101,1 millions d’euros en un an) explique cette légère croissance de l’ensemble. Le paiement à distance représente désormais 8,6% de la valeur des transactions nationales mais jusqu’à 62% du montant de la fraude. L’Observatoire a donc de nouveau appelé à une réflexion internationale, ou au moins européenne, sur les systèmes de sécurité afin de faire baisser encore davantage ces différentes malversations.
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