La Bred privilégie le changement commercial aux fermetures d’agences

A l’heure où certains concurrents réduisent leur maillage, la Banque Populaire préfère mettre en avant l'évolution de son approche du client
Alexandre Garabedian

L’heure est à la baisse du nombre d’agences bancaires en région parisienne… mais pas à la Bred. La première des Banques Populaires, qui affiche 255 points de vente en Ile-de-France et en Normandie (plus 75 en outre-mer et 67 à l’international), compte bien faire évoluer son réseau et le coupler à des services de banque en ligne, mais pas le faire maigrir.

Une stratégie qui contraste avec les 14 fermetures annoncées pour 2014 dans le réseau parisien de BNP Paribas, et surtout avec la réduction de 325 à 277 points de vente prévue d’ici à 2015 au Crédit Agricole d’Ile-de-France.

«Les clients viennent de moins en moins en agence, mais ont besoin de voir quelqu’un pour acquérir la confiance, explique Olivier Klein, directeur général de la Bred. Nous développons bien sûr la visioconférence, mais elle ne crée pas exactement le même lien». Depuis 18 mois, la banque a toutefois fait évoluer ses pratiques: «chaque agence doit devenir une ‘e-agence’ et une agence physique», souligne son patron. Les clients sont affectés à un conseiller, accessible directement par mail et par téléphone et non plus à travers une plate-forme. En termes de maillage, pour des points de vente n’ayant pas encore la taille critique, une même équipe pourra se partager entre deux agences, l’une ouvrant le matin et l’autre l’après-midi.

«Aujourd’hui, lorsqu’une banque ferme un point de vente, les clients préfèrent encore aller chez l’établissement concurrent d’en face plutôt que de faire 500 mètres pour rejoindre leur nouvelle agence», relève Olivier Klein. Tout en se disant «pragmatique» sur l’évolution du réseau si la mutation des modes de consommation s’accélère, le dirigeant reste méfiant sur les modèles de pures banques internet. «L’acquisition de clients en banque en ligne est incroyablement coûteux», juge-t-il.

La Bred déclinerait ainsi une stratégie élaborée au niveau du groupe BPCE. La banque veut voir dans ses résultats 2013 la première traduction de ces évolutions. Le produit net bancaire des agences a progressé de 7,3%, après une baisse en 2012, et le nombre de clients actifs de 3,6% pour les particuliers et de 8,9% pour les professionnels. Celui du groupe, y compris l’international et les activités de marché, a atteint 955 millions (+2,8% hors cessions) l’an dernier. Le plan 2017 prévoit de faire passer le résultat net de 183 à plus de 220 millions.

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