La Banque Martin Maurel met le cap sur les institutionnels
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la banque familiale Martin Maurel a souffert de la faiblesse des taux d’intérêt en 2013 en raison de sa surliquidité, comme en 2012. Avec un ratio d’engagement de 62%, elle dispose d’un milliard d’euros de trésorerie à placer à court terme.
Certes, l’encours de crédit a progressé plus rapidement que les dépôts (+11,7% à 1,73 milliard d’euros, contre +6% à 1,07 milliard, deux montants record), faisant passer le ratio au-dessus des 60%, limite que la banque se pose traditionnellement. Il n’en demeure pas moins que «la progression commerciale a été quasiment consommée par la baisse des taux», indique Patrice Henri, président du directoire de la banque. En outre, les éléments exceptionnels en 2013 ont pesé sur le bénéfice net part du groupe, qui a reculé de 1,2% à 15,3 millions d’euros – alors que la restructuration de la holding Paris Orléans avait en outre fait remonter un surcroît de résultat dans les comptes 2012.
Les provisions hors coût du risque ont en effet plus que doublé, passant de 570.000 à 1,38 million d’euros. En cause, un contentieux ancien avec un client, un litige à Monaco avec un banquier privé (contre lequel la banque est toutefois assurée), ainsi que des provisions prudentielles: «l’évolution du métier de banquier implique d’importants investissements; nous avons les bénéfices pour les provisionner», ajoute Patrice Henri. Hors éléments exceptionnels en revanche, la banque poursuit sa croissance, puisque le bénéfice net augmente de 13%.
En 2014, Martin Maurel va poursuivre le développement de son activité de gestion auprès des clients institutionnels (caisses de retraites, mutuelles santé, fondations, etc.). De 150 millions d’euros d’encours il y a trois ans, les actifs en conservation (gérés ou conseillés) de ce segment de clientèle ont atteint le milliard fin 2013, soit environ 15% du total. «Nos quelques clients institutionnels historiques souhaitaient nous confier davantage d’actifs; en outre, il est apparu qu’avoir une clientèle privée est un gros atout auprès des institutionnels de taille intermédiaire», explique Patrice Henri.
Martin Maurel reste attentif aux opportunités de croissance externe dans la gestion ou les cabinets de conseil en investissement financier. «Nous privilégions des acteurs ayant une base importante de clientèle privée ou une expertise très particulière» qui enrichira l’offre vis-à-vis des institutionnels, précise Patrice Henri.
Plus d'articles du même thème
-
L’OPA de Paprec sur Pizzorno est ouverte jusqu’au 10 novembre 2026
L’Autorité des marchés financiers vient de déclarer conforme le projet d’offre publique d’achat simplifiée déposé début juillet. GMB Invest, minoritaire de Pizzorno avec 20,15% du capital, n’a pas obtenu gain de cause auprès de l’expert indépendant et de l’AMF. -
Janus Henderson lance un fonds nativement tokénisé sur le Nasdaq-100
La société de gestion américaine s’est associée pour cela à Centrifuge, spécialiste de la tokénisation d’actifs. Le fonds est lancé sur le réseau Stellar. -
En moins d'un an, Bedrock Robotics voit sa valorisation plus que doubler
Dans la foulée du déploiement cet été d'engins de chantier autonomes auprès de ses premiers clients, la start-up californienne porte sa valorisation à 4,1 milliards de dollars lors d'un tour de série C piloté par CapitalG (Alphabet) et Emergence Capital. Seul européen présent au tour de table, le fonds tricolore C4 Ventures prend part à la levée.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
RepeuplementItalie : le grand écart migratoire de Giorgia Meloni
Le gouvernement italien a multiplié les quotas de travailleurs étrangers pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre et freiner la baisse démographique. La bureaucratie empêche encore une grande partie des entrées programmées de se concrétiser -
SuccessionJournal d'une succession : trou d’air, second souffle et bouquet final
Chaque jour, l’Opinion raconte les coulisses de la campagne présidentielle la plus dangereuse de la Ve République. Âmes sensibles s’abstenir. Dans l’épisode précédent : Alors qu’aucun candidat ne parvient à s’imposer au sein du bloc central, François Hollande et Xavier Bertrand préparent leur candidature. -
#DigitalCitizenDonnées personnelles : ces failles béantes qui pénalisent les Français
Les citoyens n’ont pas à porter seuls la charge de leurs données massivement volées et désormais revendues