La Banque Martin Maurel met le cap sur les institutionnels

Cette clientèle représente désormais 15% des encours en conservation. Les niveaux de crédit et de dépôts ont atteint des montants records
Antoine Landrot

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la banque familiale Martin Maurel a souffert de la faiblesse des taux d’intérêt en 2013 en raison de sa surliquidité, comme en 2012. Avec un ratio d’engagement de 62%, elle dispose d’un milliard d’euros de trésorerie à placer à court terme.

Certes, l’encours de crédit a progressé plus rapidement que les dépôts (+11,7% à 1,73 milliard d’euros, contre +6% à 1,07 milliard, deux montants record), faisant passer le ratio au-dessus des 60%, limite que la banque se pose traditionnellement. Il n’en demeure pas moins que «la progression commerciale a été quasiment consommée par la baisse des taux», indique Patrice Henri, président du directoire de la banque. En outre, les éléments exceptionnels en 2013 ont pesé sur le bénéfice net part du groupe, qui a reculé de 1,2% à 15,3 millions d’euros – alors que la restructuration de la holding Paris Orléans avait en outre fait remonter un surcroît de résultat dans les comptes 2012.

Les provisions hors coût du risque ont en effet plus que doublé, passant de 570.000 à 1,38 million d’euros. En cause, un contentieux ancien avec un client, un litige à Monaco avec un banquier privé (contre lequel la banque est toutefois assurée), ainsi que des provisions prudentielles: «l’évolution du métier de banquier implique d’importants investissements; nous avons les bénéfices pour les provisionner», ajoute Patrice Henri. Hors éléments exceptionnels en revanche, la banque poursuit sa croissance, puisque le bénéfice net augmente de 13%.

En 2014, Martin Maurel va poursuivre le développement de son activité de gestion auprès des clients institutionnels (caisses de retraites, mutuelles santé, fondations, etc.). De 150 millions d’euros d’encours il y a trois ans, les actifs en conservation (gérés ou conseillés) de ce segment de clientèle ont atteint le milliard fin 2013, soit environ 15% du total. «Nos quelques clients institutionnels historiques souhaitaient nous confier davantage d’actifs; en outre, il est apparu qu’avoir une clientèle privée est un gros atout auprès des institutionnels de taille intermédiaire», explique Patrice Henri.

Martin Maurel reste attentif aux opportunités de croissance externe dans la gestion ou les cabinets de conseil en investissement financier. «Nous privilégions des acteurs ayant une base importante de clientèle privée ou une expertise très particulière» qui enrichira l’offre vis-à-vis des institutionnels, précise Patrice Henri.

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