KBC muscle son bilan pour assurer son développement autonome
KBC «accélère», selon le maître-mot des mesures dévoilées hier par le bancassureur belge. Sauvé des eaux par les pouvoirs publics (gouvernements fédéral et flamand) en 2008 et 2009, le groupe entend voler de ses propres ailes en respectant l’accord conclu avec la Commission européenne. KBC a précisé le calendrier de remboursement des deniers publics et annoncé deux émissions de titres. De quoi avancer d’un an, au 1er janvier 2013, son objectif d’un ratio common equity Bâle 3 de 10%, supérieur au ratio de 9% fixé par le régulateur. Autant d’«annonces positives» pour les investisseurs selon la recherche crédit d’Aurel, qui met en parallèle les difficultés subies par ING pour mener à bien son plan de restructuration.
KBC procèdera tout d’abord le 17 décembre au remboursement de 3 milliards d’euros d’aides du gouvernement fédéral belge, assorties d’une prime de 450 millions. Le groupe souhaite en outre verser, au premier semestre 2013, 1,17 milliard d’euros (et 580 millions de primes) au gouvernement régional flamand, ce paiement devant encore recevoir l’approbation de la Banque nationale de Belgique. Enfin, KBC s’engage à rembourser le solde d’aides de 2,3 milliards (hors primes) aux autorités flamandes par le biais de sept paiements annuels de 330 millions entre 2014 et 2020. Le groupe souligne qu’il «conserve toutefois l’option d’accélérer le rythme de ces remboursements».
Face à cette libération des aides publiques, KBC a bouclé dans la journée hier une augmentation de capital de 1,25 milliard d’euros par le biais d’un placement accéléré auprès d’investisseurs institutionnels, sous la houlette de JPMorgan, Nomura et KBC Securities. Le directeur général de KBC, Johan Thijs, s’est félicité de l’accueil réservé par le marché, les titres étant placés, à 21,25 euros, avec une décote de 9,5% sur le cours de clôture de vendredi dernier. Le bancassureur entend aussi émettre une dette subordonnée contingente non dilutive, un CoCo, de 750 millions au premier trimestre 2013.
KBC entend ainsi souligner sa confiance dans le fait que les désinvestissements convenus avec la Commission européenne dans le cadre du plan de restructuration «seront menés à bonne fin dans le courant de 2013».
Plus généralement, Johan Thijs a tenu à avancer qu’en dépit d’un climat macroéconomique toujours incertain, le modèle de bancassurance de KBC, récemment recentré (sur la Belgique, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et la Bulgarie) reste «fondamentalement sain».
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