Julie Duval : «Il y a deux voies royales pour rejoindre Goldman Sachs»
L’Agefi : Vous êtes managing director chez Goldman Sachs, racontez-nous votre parcours !
Julie Duval : Il y a 20 ans, quand j’ai commencé mes études en finance, pour moi et comme pour beaucoup d’autres, il n’existait que deux métiers en banque d’affaires : «banquier M&A» et «trader». Cette perception était probablement due au succès rencontré par ces deux métiers à l'époque. Pourtant, j'étais intimement convaincue que ni le domaine des fusions et acquisitions ni celui du trading ne me convenaient. J’ai entendu parler de la recherche en equity par des amis qui me vantaient l’aspect très «complet» de ce métier (analyse, valorisation, pitch). De plus, la recherche me semblait offrir le meilleur compromis d'équilibre vie pro-vie perso, et je me suis lancée dans ce domaine, à Londres, en commençant par un stage avant de poursuivre en banque d’affaires.
En 2010, j’ai souhaité donner une évolution à ma carrière et j’ai quitté Londres et la recherche pour rejoindre les équipes parisiennes de vente Equity de la banque pour laquelle je travaillais. J’ai exercé ce métier pendant 10 ans au cours desquels j’ai intégré Goldman Sachs : j’adorais le mélange d’autonomie, de compétences analytiques pointues et de compétences commerciales exigées par ce poste.
Après la naissance de mon deuxième enfant, en 2019, j’ai à nouveau ressenti le besoin d'évoluer et de créer ma propre «plateforme». J’ai convaincu Goldman Sachs en 2020 de créer le rôle de «Strategic Client Coverage» à Paris. Ce poste s’apparente beaucoup à celui du banquier «Coverage» en Banque d’investissement. Je suis responsable du déploiement de solutions sur mesure pour nos plus importants clients institutionnels. Ce rôle consiste également à coordonner les différents services proposés à un même client par tous les métiers de Goldman Sachs.
Aujourd’hui Paris est devenu un véritable hub de la finance en Europe continentale
Pourquoi avez-vous débuté votre carrière à Londres plutôt qu’à Paris ? Et comment les deux places ont évolué au fil du temps ?
Julie Duval : En 2007, lorsque j’ai commencé ma carrière, je me suis expatriée à Londres très spontanément puisque j’y avais fait mon stage en 2006 et j’avais vraiment eu le sentiment d’être au cœur de la machine. C’était aussi la ville où il y avait le plus de postes et d’opportunités.
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Le Brexit a créé un besoin de présence nettement supérieur des acteurs financiers sur le continent européen et plusieurs banques ont saisi cette occasion pour développer leurs forces en présence en France. Bien que le Royaume-Uni reste un pôle financier majeur, le marché français s’est considérablement développé, et il offre désormais un nombre important de postes aux juniors. Aujourd’hui Paris est devenu un véritable hub de la finance en Europe continentale.
Quels conseils donneriez-vous aux étudiants ou jeunes professionnels souhaitant rejoindre une banque comme Goldman Sachs ?
Julie Duval : Chez Goldman Sachs, il n’y a pas de profil type mais plutôt une culture centrée autour de trois valeurs : «l’excellence», «l’entreprenariat», et le «leadership». Je conseille donc aux étudiants de bien garder ces trois axes en tête lors de leurs entretiens, car les recruteurs chercheront à déceler leur potentiel dans ces domaines. Ce potentiel peut aussi bien s’illustrer par des expériences professionnelles (stages, petits boulots, entreprenariat) que par des expériences personnelles (volontariat, associatif…).
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Il y a deux voies royales pour rejoindre Goldman Sachs : le stage d’été, intitulé «le summer internship», dont le taux de conversion en emploi durable est très élevé et qui est désormais ouvert à Paris, et «le graduate programme». Mais il est aussi toujours possible de rejoindre la banque par le biais du «lateral hiring», c’est-à-dire le recrutement de talents expérimentés en externe.
Plusieurs membres du top management de Goldman Sachs, dont notre président et directeur général, n’ont pas débuté leur carrière dans la banque mais ont rejoint la banque plus tard. Ne vous découragez donc surtout pas si la banque de vos rêves ne vous offre pas de Summer Internship! Mais renseignez-vous bien sur les différents métiers et n’hésitez surtout pas à mobiliser votre réseau.
Les évènements de networking organisés par les banques et dédiés au recrutement peuvent être un accélérateur pour une candidature
Et donc comment bien mobiliser le réseau ?
En contactant les personnes qui travaillent dans les postes qui vous intéressent pour les interroger sur leur métier, pour commencer ! Le réseau n’est pas un raccourci pour décrocher un poste, car les processus sont très normés dans les banques américaines. Mais il faut prendre le temps de se renseigner sur les différents métiers, mieux choisir en conséquence les divisions ou l’on va envoyer sa candidature et augmenter ses chances de réussir ses entretiens.
En revanche, les évènements de networking organisés par les banques et dédiés au recrutement peuvent être un accélérateur pour une candidature. Lors de ces événements, les responsables business peuvent, lors de leurs échanges avec les étudiants, en repérer certains et suggérer aux responsables des ressources humaines de les emmener plus loin dans le processus.
Enfin, quelles initiatives sont prises pour accompagner les femmes dans leur carrière ?
Julie Duval : Avec la croissance du bureau parisien de Goldman Sachs, nous avons également vu croître les réseaux d’affinités. En France, nous disposons ainsi d’un puissant Women’s Network, un réseau lancé il y a plus de 15 ans par Céline Méchain, co-head de Goldman Sachs France pour donner aux femmes travaillant chez Goldman Sachs des outils utiles pour les aider à briser le plafond de verre qu’elles pourraient rencontrer dans leur carrière. Ce réseau, que j’ai désormais la chance de co-diriger, compte aujourd’hui près de 100 membres et est ouvert aussi bien aux femmes qu’aux hommes.
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Plusieurs initiatives ont été mises en place. Par exemple, nous organisons des sessions de partage, appelées «ask me anything», offrant aux femmes moins expérimentées l’opportunité d’échanger sur leurs préoccupations avec des managing directors et partners. En retour, ceux-ci peuvent partager leurs expériences et donner des conseils sur les situations difficiles que ces femmes rencontreront probablement plus tard dans leur carrière. Ces sessions favorisent un dialogue intergénérationnel et permettent à chacun de tirer profit des expériences des autres.
Enfin, les personnes qui ne se sentent pas à l’aise avec ces groupes de parole, peuvent s’appuyer sur le mentorat. Le «Women Network» de Goldman Sachs en France a récemment lancé une initiative en ce sens, pour attribuer aux membres du réseau un mentor de niveau managing director ou partner, qui sera leur interlocuteur de confiance.
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