Groupama réduit la voilure dans ses activités bancaires
Groupama poursuit sa cure d’amaigrissement. Après trois plans de départs volontaires (Groupama SA et Gan cet été et Groupama Supports et Services en septembre), un quatrième a été annoncé en fin de semaine passée chez Groupama Banque, filiale bancaire de l’assureur mutualiste.
Ce plan, communiqué au comité d’entreprise, devrait concerner entre 60 et 90 personnes sur un total de 658 salariés à fin septembre, ont fait savoir des sources syndicales. Cette information a été confirmée par Groupama, qui n’a pas souhaité faire de plus amples commentaires sur le sujet.
«Groupama prend la bonne décision en cherchant à stopper l’hémorragie au sein de sa filiale bancaire, qui n’a jamais été rentable», relève Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures. Groupama Banque a fusionné avec Finama en 2009, alors en charge de la gestion privée et de la gestion des comptes des sociétés du groupe. «Les pertes de l’activité banque de détail, qui s’élevaient à 25,3 millions d’euros en 2007 puis à 24,4 millions d’euros en 2008, ont ainsi été masquées», souligne Cyrille Chartier-Kastler. Selon le document de référence de l’assureur, Groupama Banque a accusé une perte de 17 millions d’euros en 2011, contre un résultat déficitaire de 20 millions d’euros un an plus tôt.
Selon les syndicats, l’activité de banque privée est «d’ores et déjà sur la sellette»: cette entité afficherait une perte annuelle de 4 millions d’euros pour un effectif d’une vingtaine de personnes. Le pôle a affiché un produit net bancaire de 5 millions d’euros en 2011, selon les seules informations disponibles dans le document de référence. «Groupama n’a pas de légitimité sur ce segment d’activité», estime un professionnel.
Lancée il y a une dizaine d’année, Groupama Banque n’a jamais atteint le seuil de rentabilité, en dépit des investissements réalisés. «Quelque 260 millions d’euros ont été injectés à la création de Groupama Banque, explique Cyrille Chartier-Kastler. Il est très difficile de réussir dans ce secteur hautement concurrentiel en l’absence d’une base de clientèle bancaire retail préexistante. De nombreux acteurs ont jeté l’éponge à l’image de MMA, ont renoncé comme la Maif ou ont levé le pied comme Allianz. Axa Banque, via le rachat de Banque Directe et l’intégration des activités bancaires belges qui lui ont fourni cette base de clientèle, est l’exception».
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