Fondiaria Sai cherche par tous les moyens à restaurer sa solvabilité
Il est des échecs dont on se félicite tous les jours. Groupama peut remercier le régulateur boursier italien de lui avoir barré la route de Fondiaria Sai, en mars dernier. Le groupe français, aujourd’hui aux abois, avait envisagé fin octobre 2010 d’investir 146 millions d’euros pour prendre 17,1% de Premafin, le holding de contrôle du premier assureur automobile d’Italie. Depuis, le cours de Fondiaria a plongé d’environ 80%.
Il faut dire que l’assureur italien, dégradé hier soir de deux crans par Fitch à BB-, traverse une mauvaise passe, antérieure à l’aggravation de la crise de la dette souveraine en zone euro. Sa marge de solvabilité approcherait aujourd’hui du seuil fatidique des 100%. La compagnie a déjà levé 450 millions d’euros cet été à travers une augmentation de capital, mais c’était avant le crash des marchés en août. Lundi soir, elle a mandaté Goldman Sachs pour lui apporter des solutions en vue d’un conseil d’administration décisif le 21 décembre.
«Tout est calme. Toutes les options seront examinées, y compris une augmentation de capital», a indiqué hier Piergiorgio Peluso, le nouveau directeur général de Fondiaria. Pour Gianantonio Villani, analyste chez Kepler, «une nouvelle et énorme augmentation de capital devient de plus en plus plausible, ce qui pourrait être un catalyseur positif si Premafin (36% du capital) est dilué».
Au moins deux poids lourds de la finance transalpine poussent en ce sens: Mediobanca, premier créancier de l’assureur avec un emprunt subordonné de 1 milliard, et UniCredit, qui a souscrit 170 millions d’euros d’actions Fondiaria lors de l’appel au marché de cet été. Mais d’autres pistes sont à l’étude. L’assureur envisage ainsi de rassembler dans une filiale ses grandes participations cotées telles Mediobanca (3,8%), RCS (5,5%) ou encore Generali (1,13%). Des lignes valorisées à 804 millions d’euros fin 2010 mais dépréciées de 124 millions au troisième trimestre. L’idée serait ensuite de faire rentrer dans cette structure, en tant qu’actionnaire minoritaire, Credit Suisse, une maison où a travaillé Piergiorgio Peluso.
La presse italienne a évoqué d’autres cessions d’actifs, comme la filiale serbe Ddor Novi Sad, qui pourrait intéresser Axa. Ou encore l’émission d’un emprunt convertible en actions Milano Assicurazioni, l’assureur dont Fondiaria détient 63%. Le verdict est attendu mercredi prochain.
Plus d'articles du même thème
-
Les agences changent leurs notations sur les titrisations de prêts à effet de levier
Fitch et Moody’s ont modifié cet été leurs grilles d’évaluation pour relever la notation de centaines de tranches de titrisations adossées à des prêts à effet de levier («leveraged loans») plutôt risqués. Cette démarche ravive la crainte de voir le crédit structuré présenté comme plus sûr qu’il ne l’est réellement. Comme avant 2007. -
CNP Assurances souffle les contrats emprunteurs de Tégo à Allianz et AGPM Klésia
Après avoir mené une consultation de marché tambour battant, Tégo, l’association souscriptrice des contrats d’assurance du secteur défense et sécurité, confirme en assemblée générale la résiliation de ses contrats emprunteur jusque-là gérés par Allianz et AGPM Klésia au profit de CNP Assurances. Et cela ne pourrait être que le début. -
Les filles de Pierre Bellon se succèdent à la présidence de Sodexo
En poste pendant près de 11 ans, et PDG presque quatre ans, Sophie Bellon passe les rênes du conseil d’administration du groupe de restauration à sa sœur Nathalie Bellon-Szabo.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
EmballementComplot terroriste ou simple vol de carburant : que s'est-il passé dans cette base militaire anglaise ?
Après l’arrestation de cinq hommes soupçonnés de terrorisme aux abords de la base de Fairford, un site militaire utilisé par l’armée américaine, leur libération rapide interroge la gravité réelle de la menace. -
Retour de flamme« Il sait très bien ce qu’il fait » : le tacle calculé de Patrick Martin contre la CFDT et la CGT
En riposte aux critiques de Marylise Léon et Sophie Binet sur ses liens supposés avec l'extrême droite, le président du Medef accuse les centrales de « se politiser à outrance » -
Fil rougeLes candidats à la présidentielle promettent de ne pas toucher à l'épargne pour combler la dette
L'Afer, la plus importante des associations d'épargnants, a soumis trois questions phares, mardi soir, à sept candidats à la présidentielle