Dexia tente de rassurer sur sa solidité malgré sa sensibilité aux taux d’intérêt
Dexia, qui tenait son AG hier, a une énième fois défendu sa feuille de route. La banque quasi-nationalisée a «atteint ce trimestre le périmètre-cible prévu dans son plan de résolution ordonnée», déclarait quelques heures plus tôt son administrateur délégué Karel De Boeck, à l’annonce des résultats du premier trimestre.
Si la vente de Dexia Asset Management et de 40% de Popular Banca Privada ont rapporté 90 millions d’euros à fin mars, Dexia a essuyé une nouvelle perte trimestrielle, de 184 millions d’euros. Moins importante qu’il y a un an, elle entame déjà largement la prévision d’un résultat négatif de 440 millions d’euros pour l’exercice. Réduite à un vaste portefeuille d’obligations et de prêts, la banque pâtit de la dépréciation de la valeur de certains produits dérivés, des honoraires de conseil liés au bilan de santé mené par la Banque centrale européenne (BCE) et d’une nouvelle provision pour litiges. Ses coûts de refinancement ont diminué, grâce au nouveau mécanisme d’émissions garanties par les Etats français et belge, mais son résultat net récurrent reste négatif, à -88 millions d’euros. La simplification annoncée du groupe résiduel ne changera pas immédiatement la donne.
D’autres menaces pèsent sur Dexia. La banque a constitué une «trésorerie positive (…) en anticipation d’importantes tombées de financement» en déposant 10,9 milliards d’euros de liquidités auprès des banques centrales au cours du trimestre, mais cela a contribué à l’augmentation de son total de bilan. Celui-ci atteint 237 milliards d’euros à fin mars (+13,7 milliards sur trois mois), également dopé par la «hausse de la juste valeur des actifs et dérivés (…) et du cash collatéral posté par le groupe» sur fond de «baisse de taux d’intérêt à long terme».
Très sensible à leur évolution, Dexia pointe d’ailleurs que «le calendrier du durcissement des politiques monétaires des grandes banques centrales constitue un enjeu majeur pour 2014», alors que la BCE pourrait annoncer des baisses de taux en juin. Si une recapitalisation n’est pas à l’ordre du jour selon Karel De Boeck, le ratio de fonds durs Bâle 3 de 16,2% masque en partie la faiblesse des capitaux propres part du groupe (4 milliards d’euros) au regard de la taille du bilan.
Seule embellie, le Sénat français a adopté mardi la nouvelle loi de validation des emprunts toxiques. Remaniée après sa censure par le Conseil constitutionnel, elle doit encore passer à l’Assemblée nationale.
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