Deutsche Bank accuse une perte plus forte que prévu
La première banque allemande, Deutsche Bank, a publié mercredi une perte nette de 3,15 milliards d’euros au deuxième trimestre, supérieure à ses propres projections, en raison des coûts liés à sa vaste réorganisation annoncée en début de mois.
Lors de l’annonce de cette restructuration, la banque allemande avait prédit une perte nette de 2,8 milliards d’euros sur la période avril-juin, contre un bénéfice de 401 millions d’euros un an plus tôt.
Deutsche Bank a annoncé le 7 juillet une réorganisation de grande ampleur pour tenter de mettre fin à des années de difficultés, ce qui devrait la condamner à finir l’année dans le rouge, comme lors de trois des quatre derniers exercices.
Le groupe va supprimer 18.000 emplois, renoncer à son activité sur les marchés actions et réduire ses opérations dans la banque d’investissement et sur le marché obligataire dans le cadre de cette restructuration qui lui coûtera 7,4 milliards d’euros.
L'établissement a déjà pris des mesures importantes pour mettre en oeuvre sa nouvelle stratégie, a déclaré mercredi son président du directoire, Christian Sewing.
«Une part substantielle de nos coûts de restructuration a déjà été absorbée au deuxième trimestre», a-t-il dit.
Dans une lettre adressée au personnel, Christian Sewing écrit que Deutsche Bank a cependant dû faire face vers la fin du trimestre aux interrogations croissantes sur ses initiatives à venir, ce qui a affecté son activité auprès de sa clientèle.
Son produit net bancaire (PNB) s’est contracté de 6% à 6,2 milliards d’euros au deuxième trimestre, contre une prévision moyenne des analystes de 6,3 milliards selon un consensus fourni par le groupe lui-même.
Deutsche Bank s’attend désormais à un PNB en 2019 inférieur à celui de l’année dernière, ce qui constitue un nouvel abaissement de ses prévisions.
Le revenu de l’activité sur les marchés obligataires, traditionnelle vache à lait de la banque, a baissé de 4% au deuxième trimestre, tandis que le revenu du trading actions a chuté de 32%, ce qui illustre la faiblesse persistante de sa division de banque d’investissement, ancienne priorité du groupe désormais délaissée.
Deutsche Bank a précisé mercredi que plus de 900 de ses employés avaient déjà été informés de leur prochain départ dans le cadre de la restructuration annoncée début juillet.
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