Danske Bank lance une augmentation de capital accélérée
Les grandes banques d’investissement comme UBS ne sont pas les seules à revoir drastiquement leurs activités en Europe. Danske Bank a annoncé hier en marge de ses résultats trimestriels une nouvelle stratégie à l’horizon 2015, qui se traduira par une augmentation de capital de 7 milliards de couronnes danoises (940 millions d’euros) et par 2.000 suppressions de postes supplémentaires. Les actionnaires devront encore se passer de dividende au titre de 2012.
La première banque du Danemark continue à payer l’éclatement de la bulle immobilière sur son marché domestique, mais aussi une expansion hasardeuse en Irlande, foyer de pertes qui a amputé de moitié les profits du groupe en 2012. La politique de taux négatifs de la banque centrale pèse aussi sur les marges. Sur neuf mois, l’établissement a dégagé un résultat net de 3,6 milliards de couronnes, ce qui correspond à une rentabilité des fonds propres de 3,8% seulement.
Mais Danske Bank a surtout mis en avant hier la «nouvelle norme» qui s’impose aux banques en matière de régulation et d’exigences de la clientèle. «La banque de détail connaîtra les changements les plus radicaux, souligne l’établissement. Le mode de distribution traditionnel en agences devient rapidement obsolète car les clients préfèrent en général nos canaux digitaux». Les fermetures d’agences à prévoir entraîneront 2.000 suppressions de postes entre 2013 et 2015, qui s’ajoutent au millier déjà annoncé.
La banque veut aussi accélérer le renforcement de sa structure financière. Dirigée par Morgan Stanley et menée via un livre d’ordres accéléré, l’augmentation de capital sera mise à prix aujourd’hui. Elle contribuera à porter le ratio core tier one à 13% fin 2013, contre 12,7% (en Bâle 2) fin septembre. Danske Bank espère ainsi regagner au moins un cran de notation «dès que possible» chez les agences, où elle affiche un A chez Fitch, un A- chez S&P et un Baa1 chez Moody’s. La banque compte par ailleurs respecter dès fin 2012 le ratio de liquidité à 30 jours des normes Bâle 3.
En tenant compte de ces mesures, le groupe vise un RoE après impôt supérieur à 12% qui intègre un effet négatif de 6 à 7 points liés à la réglementation. Pour atteindre l’objectif, Danske Bank table cependant sur une normalisation des marchés, soit une baisse des provisions (+5 à 6 points de RoE) et une hausse des taux d’intérêt (+4 à 5 points).
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