Dai-ichi Life ne lésine pas sur les moyens pour décoller à l’international
Pour près de 582 milliards de yens (5,7 milliards de dollars environ), Dai-ichi Life s’offre l’américain Protective Life pour donner naissance au treizième assureur vie mondial, avec un total d’actifs de 424 milliards de dollars et un bénéfice net ajusté de 118 milliards de yens sur 2014. A 70 dollars par titre, l’offre en numéraire implique une prime de 34% sur le cours de clôture du 30 mai.
Dans une note, Jefferies souligne que l’opération n’est pas donnée. L’acquéreur évoque un ratio «price-to-book» (P/B) de 1,29 à fin mars, contre un ratio moyen de 1,1 pour dix acteurs comparables. Et cela en dépit d’un rendement des fonds propres globalement équivalent.
Alors que les premières rumeurs en début de semaine faisaient état d’une offre plus basse de 700 à 800 millions de dollars, Credit Suisse estime que la prime est «plus raisonnable» pour les actionnaires de Protective Life. L’action de l’assureur de Birmingham (Alabama) a clôturé hier en hausse de 18,1% à 69,36 dollars dans un volume plus de quatre fois supérieur à la normale.
Afin de concrétiser cette opération, Dai-ichi doit prendre des initiatives en matière de financement. Le numéro deux de l’assurance vie au Japon, qui se rapprochera du leader Nippon Life grâce à cette transaction, a décidé de lancer une augmentation de capital à hauteur de 250 milliards de yens, représentant une dilution potentielle de 12,5%, selon Jefferies. Le groupe puisera par ailleurs dans les réserves inscrites dans son plan d’investissement à moyen terme, qui s’élèvent encore à 240 milliards de yens. Malgré cette contrainte financière, les investisseurs ont salué les perspectives ouvertes par l’opération ; l’action Dai-ichi Life a terminé la séance sur un gain de presque 3,6%.
Confronté à une trajectoire démographique déclinante sur son marché domestique, Dai-ichi nourrit l’ambition de devenir «un groupe d’assurance mondial représentant l’Asie». L’intégration de Protective Life doit permettre au nouvel ensemble de porter à 36% la part du bénéfice net ajusté réalisée à l’étranger, soit au-delà de l’objectif de 30% fixé dans son dernier plan stratégique.
Cette acquisition transformera donc le groupe à court terme, de manière bien plus significative que les incursions effectuées dernièrement en Asie du Sud-Est.
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