Commerzbank cède avec une perte minime des créances dans l’immobilier commercial

La banque comptabilise une charge de 100 millions d’euros liée à la cession d’un portefeuille de prêts en Espagne, au Portugal et au Japon
Antoine Duroyon

Commerzbank vient de boucler le projet «Octopus» avec le soutien de Lazard. La deuxième banque allemande a cédé un portefeuille de créances dans l’immobilier commercial totalisant 5,1 milliards d’euros, dont la grande majorité (4,4 milliards) porte sur des financements en Espagne et des prêts douteux au Portugal. Ce bloc méditerranéen a été cédé à un consortium composé de JPMorgan, investisseur minoritaire, et du fonds texan Lone Star.

Les 700 millions d’euros restants concernent un portefeuille de créances au Japon, toujours dans l’immobilier commercial, cédé au gérant alternatif PAG.

Au sein de ce portefeuille de 5,1 milliards d’euros, la banque comptabilise 1,4 milliard d’euros de prêts non performants (1,1 milliard d’euros en Espagne et 300 millions au Portugal). Ce volume total représente approximativement 16% des 32 milliards d’euros de prêts dans l’immobilier commercial encore détenus à la fin mars 2014, précise l'établissement dans un communiqué. Les plates-formes de gestion en Espagne et au Japon, ainsi que leurs employés respectifs, seront transférés à une filiale de Lone Star et à Secured Capital, pôle immobilier de PAG.

Selon Reuters, la cession s’est faite pour un prix compris entre 3,7 et 3,9 milliards d’euros. La banque de Francfort chiffre à 100 millions d’euros la perte liée à cette opération au deuxième trimestre. «Cependant, compte tenu de la réduction importante de 3,2 milliards d’euros des actifs pondérés du risque (RWA), elle aboutira à un effet net positif sur le capital de 200 millions d’euros», prévient-elle. Cette cure d’amaigrissement vise à satisfaire aux exigences découlant du plan de soutien public de 18,2 milliards d’euros.

Commerzbank souligne par ailleurs une amélioration du profil de risque en ce qui concerne ce type de financement. Le portefeuille de prêts sur le segment que la banque classifie comme «noyau à haut risque» a ainsi été pratiquement liquidé. De plus, «le volume de prêts douteux dans l’immobilier commercial est réduit de près d’un tiers à la suite de ces transactions», complète le groupe. Le portefeuille global s'établissait encore à 5,1 milliards d’euros à fin mars.

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