Cofidis devra poursuivre sa diversification pour séduire les agences
La filiale de crédit à la consommation du Crédit Mutuel-CIC et des 3 Suisses, dégradée par S&P, dépend trop du renouvelable et du Sud de l’Europe
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Antoine Landrot
Les actions sur les notes de crédit des banques françaises entreprises par Standard & Poor’s jeudi, en raison de la dégradation des perspectives pour l’économie française, n’ont pas épargné les entités de crédit à la consommation Cofidis (filiale du Crédit Mutuel-CIC et des 3 Suisse) et Banque Solfea (spécialisée dans les travaux à l’habitat et détenue par GDF-Suez et Laser, la filiale de BNP Paribas et des Galeries Lafayette). L’agence a notamment dégradé d’un cran la note de Cofidis, à BBB+, en maintenant sa perspective négative.
Cofidis «est davantage vulnérable aux effets d’une remontée du risque dans la zone euro, en particulier en France et dans les pays d’Europe du Sud, en raison de [sa] concentration géographique dans ces pays», explique S&P. En effet, la France, l’Espagne et le Portugal constituent ses principaux marchés. En outre, Cofidis souffre particulièrement depuis l’entrée en vigueur de la loi Lagarde sur le crédit à la consommation en mai 2011. Il a ainsi subi un recul de 11% de son produit net bancaire (PNB) au premier semestre 2012, à 529 millions d’euros.
«La baisse du PNB est imputable au resserrement des taux clients provenant pour l’essentiel de la baisse des taux d’usure en France sur le produit renouvelable, suite à la mise en place de la loi Lagarde», écrit le Crédit Mutuel dans son rapport semestriel.
Dans son rapport particulier relatif à Cofidis en avril dernier, S&P considère que le prêteur «est dans une situation stratégique fragile. La société est un spécialiste du crédit à la consommation de taille moyenne, avec une inclinaison vers le renouvelable, qui représente les deux tiers de son activité».
Conscient de ce déséquilibre, Cofidis œuvre depuis trois ans à le réduire. En 2009, le renouvelable représentait 80% de ses encours. La proportion était tombée à un peu moins de 70% en 2010. En 2011, la société s’était fixé l’objectif d’atteindre un ratio de 50/50 en 2013.
La société n’est cependant pas la plus mal lotie dans le difficile contexte actuel. Laser Cofinoga, dont les résultats devraient à nouveau être dans le rouge en 2012, a dû par exemple annoncer la suppression de 433 postes sur 2.500 en début d’année – à tel point que les Galeries Lafayette ont exercé l’option de vente de leur participation au bénéfice de BNP Paribas. S&P reconnait en outre que «la direction de Cofidis fait preuve d’expérience dans la gestion du risque».
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