Co-op Bank a creusé sa tombe avec le rachat du groupe immobilier Britannia
Chronique d’une débâcle annoncée. Tel pourrait être le titre du rapport de 150 pages sur la faillite de Co-op Bank, dévoilé hier et commandé par la banque elle-même et sa maison-mère, The Co-operative Group. Conduit par Christopher Kelly, ancien médiateur des services financiers britanniques, il démonte pièce par pièce la stratégie menée depuis 2008 par la petite banque mutualiste.
Aux racines du mal: «l’échec du management, le manque de compétences, une culture défaillante et une faible gouvernance», énumère l’ancien cadre du Trésor qui dédouane, au passage, les régulateurs britanniques.
Tout commence avec le rachat du groupe immobilier Britannia, censé doter Co-op Bank d’une clientèle et d’un réseau d’agences d’envergure. L’audit d’acquisition trop «sommaire» a minimisé les risques, notamment ceux liés au portefeuille de prêts de 3,7 milliards de livres (4,5 milliards d’euros) de Britannia, dans un marché immobilier en plein retournement.
A cette fusion s’ajoute un projet informatique tout aussi hasardeux, puis la tentative de rachat de 630 agences de Lloyds Banking Group, le géant national quasi-nationalisé. Selon le pasteur Flowers, ancien président de Co-op Bank devenu célèbre pour ses frasques, le gouvernement britannique aurait encouragé cette opération. Une thèse réfutée par le rapport Kelly qui cite plusieurs lettres du régulateur, inquiet des plans de la banque.
Pendant quatre ans, du rachat de Britannia à janvier 2013, «le régulateur a augmenté ses exigences totales de capital pour la banque de 1,9 milliard à 3,4 milliards de livres, indique le document. La majeure partie de cette augmentation est intervenue à la fin de la période. Ce calendrier a été particulièrement préjudiciable». En creux, l’enquête montre ainsi l’impuissance des pouvoirs publics à encadrer ou contrecarrer les ambitions du groupe Co-op, également empêtré dans le scandale des assurances emprunteur britanniques et finalement contraint, l’an dernier, à laisser les clés de sa banque à ses créanciers.
Après un plan de recapitalisation de 1,5 milliard d’euros, Co-op Bank a annoncé le mois dernier 400 millions de besoins supplémentaires pour cette année. Le retour aux bénéfices n’est pas attendu avant 2016. Mi-mars, le nouveau patron du groupe a fini par jeter l’éponge, jugeant la mutuelle «ingouvernable». En réaction au rapport Kelly, Co-op Bank a annoncé hier la nomination d’Ernst & Young en remplacement de KPMG, son auditeur depuis quarante ans.
Plus d'articles du même thème
-
Le stablecoin de SG-Forge permettra de régler des titres de créance d'entreprise tokenisés
Euroclear et SG Forge annoncent une collaboration pour utiliser le stablecoin dollar de la filiale bancaire, l'USD CoinVertible, pour le règlement de NEU CP. -
« Nous sommes positifs sur les actions japonaises, surtout les entreprises de taille moyenne »
Charles-Henri Kerkhove, directeur de l'allocation d’actifs chez Fidelity International -
«Il reste difficile de construire un scénario de renforcement du yen d’ici à la fin d’année»
Emmanuel Kizilian, gérant obligataire chez Cholet Dupont AM.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
Affaire Lyhanna : la femme de Jérôme Barella a dénoncé un viol conjugal pendant son audition
Auditionnée dans le cadre d’investigations à la suite de plaintes pour viols sur mineures visant Jérôme Barella, sa femme a dénoncé des faits de viol commis par son mari -
Canicule : malgré la baisse de la chaleur, les effets sanitaires « restent devant nous », prévient l'exécutif
Dans les hôpitaux, « un plateau haut va s’installer pendant plusieurs jours, par effet de latence sanitaire (déshydratation, décompensations, hospitalisations différées) », constatent les services du Premier ministre, samedi 27 juin. On compte 37 départements en vigilance rouge canicule ce jour, soit moins qu’hier -
IA : Washington réautorise un accès limité au modèle Mythos d'Anthropic
Il y a deux semaines, Howard Lutnick, ministre américain du Commerce, avait demandé à Anthropic de cesser l’accès à deux modèles de pointe. Ce pour des raisons de sécurité nationale à la suite de la détection de failles