CNP Assurances inquiète S&P sur sa capacité à restaurer ses fonds propres

L’agence, qui a également dégradé Generali, motive sa décision par l’évolution des marchés financiers et le risque de crédit en zone euro
Virginie Deneuville

Alors que Standard & Poor’s (S&P) a procédé mi-janvier à une vague de dégradations des notes des assureurs dans la foulée de celles de plusieurs Etats de la zone euro, l’agence a procédé vendredi dernier à des abaissements plus spécifiques. La note de CNP Assurances (CNP) a ainsi été réduite de AA- à A+ avec perspective négative, face à «l’évolution des marchés financiers et au risque de crédit accru en zone euro (qui) ont affaibli la capacité du groupe à restaurer un niveau de fonds propres adéquat sur les deux prochaines années». Au-delà de l’effet mécanique de la dégradation de la France, CNP étant filiale d’un établissement public (Caisse des dépôts), l’assureur «présente une plus forte exposition que ses concurrentes aux dettes souveraines périphériques et aux actions», souligne un analyste.

Dans une récente étude, le courtier Raymond James soulignait que les portefeuilles de dettes souveraines de CNP et de Generali, qui a également été dégradé vendredi par S&P de A+ à A, présentaient une exposition brute de respectivement 14% et 10% à la zone «Pigs» (Portugal, Italie, Grèce et Espagne), contre une moyenne de 8% pour le secteur. En outre, l’exposition de CNP aux actions «s’élève à 9% de ses actifs (hors unités de compte dont le risque est pris par les assurés), contre des pourcentages de 7% pour Axa et 6% pour Generali», relève Danny Jacques, analyste chez Raymond James.

CNP, qui dévoilera ses comptes annuels le 22 février, a réagi vendredi en indiquant poursuivre la politique de réduction de ses expositions aux actions et aux dettes souveraines de la zone «Pigs». L’assureur s’est dit «confiant dans sa capacité à renforcer régulièrement et durablement ses fonds propres». Le modèle d’activité de CNP, dont la marge de solvabilité s’élevait à 151% à fin septembre (112% hors plus-values latentes) est «solide, mais reste très exposé au marché français de l’assurance vie et à d’éventuels changements, sur le plan fiscal notamment, à l’approche des élections présidentielles», souligne un analyste.

S&P a confirmé vendredi les notes d’Axa (AA-), Allianz (AA) et Aviva (AA-), assorties d’une perspective négative. Parallèlement, Credit Suisse a relevé sa recommandation à «surpondérer» sur le secteur de l’assurance en Europe, estimant notamment que les titres des assureurs vie s’échangent à des multiples similaires aux banques, tout en présentant moins de risques.

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