Cinq banques sont accusées d’entente sur le marché des emprunts britanniques
Encore un scandale de manipulation de marché dans la banque d’investissement. L’autorité britannique de la concurrence, la Competition and Markets Authority (CMA), a annoncé mercredi 24 mai que Citi, Deutsche Bank, HSBC, Morgan Stanley et Royal Bank of Canada avaient enfreint les règles de concurrence entre 2009 et 2013. Les cinq banques ont échangé des informations sensibles sur les obligations souveraines britanniques (Gilts) dans le cadre de discussions en ligne.
Selon la CMA, un nombre limité d’opérateurs de ces banques ont échangé des informations portant notamment sur les prix et leurs stratégies de trading. L’achat et la vente de Gilts ainsi que de produits dérivés (swaps) sur les emprunts d’Etat du Royaume-Uni sont concernés. L’entente est intervenue sur le marché primaire, lors des émissions de Gilts par le Trésor britanniques, sur le marché secondaire, et également lors des rachats de dette menés par la Banque d’Angleterre dans le cadre de son assouplissement quantitatif.
A lire aussi: Panique à la City
Deutsche Bank collabore
«Les contribuables, les épargnants et les institutions financières pourraient avoir ainsi été privés des avantages d’une concurrence totale pour ces produits, y compris une réduction des coûts d’emprunt», a souligné Michael Grenfell, responsable de l’application de la législation à la CMA, cité dans le communiqué.
Comme souvent dans ce type d’affaire, l’un des participants a préféré prendre les devants avec l’autorité pour éviter de subir le même sort que ses camarades. Deutsche Bank a ainsi alerté la CMA et échappera à une sanction financière. Citi, pour sa part, a admis sa participation à des activités contraires au droit de la concurrence et devrait bénéficier d’une réduction de l’amende que lui infligera l’antitrust. HSBC, Morgan Stanley et RBC n’ont pas reconnu, en revanche, qu’elles pouvaient être en tort.
L’enquête de la CMA avait été ouverte en novembre 2018. Les parties mises en cause peuvent encore faire valoir leurs arguments.
Plus d'articles du même thème
-
Goldman Sachs relève ses prévisions de cours sur le pétrole
Si plusieurs analystes s’accordent sur le fait que le blocage du détroit d’Ormuz équivaut à priver le marché de 14,2 à 14,5 millions de barils par jour (mbj), et également sur une durée plus longue que prévu, les études diffèrent en revanche sur l'ampleur de la baisse des stocks, davantage liée à la demande. -
Iliad évince Microsoft du Health Data Hub
Le fournisseur de cloud Scaleway, filiale d'Iliad, a été retenu à l’issue d’un appel d’offres pour l’hébergement des données de santé des Français, à la place de Microsoft. -
Les échanges sur les marchés actions européens battent des records
L’activité des marchés boursiers européens au premier trimestre a atteint un niveau record depuis l’entrée en vigueur de la directive sur les marchés d'instruments financiers en 2018.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Sot-l'y-laisseMaster Poulet, dans la cuisine de la guerre des gauches
En prenant la défense d’un fast-food 100 % halal que le maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, voudrait voir disparaître, les insoumis croient défendre le patrimoine culinaire de la « Nouvelle France » menacé par l'exil des bobos en banlieue -
Coq gauloisDerrière le boom du poulet, une France qui change profondément
Depuis début 2000, la consommation de poulet a été multipliée par deux en France. Preuve de bouleversements sociologique et économique profonds, portés par l'immigration, l'érosion du pouvoir d'achat et les soucis environnementaux. Des éléments complexes, cristallisés dans la « guerre » du Master Poulet -
EditorialLogement à Paris : Emmanuel Grégoire organise la pénurie et la flambée des prix
Changer la vie, peut-être, mais pas au point de remettre en cause ses a priori idéologique. Or contre cette carence locative dénoncée depuis des décennies maintenant, seule une vraie politique de l'offre sera efficace