CaixaBank initie la plus grande restructuration bancaire espagnole de l’histoire
Dans la banque espagnole, c’est du jamais vu. Hier, la direction de la nouvelle CaixaBank, issue de la fusion avec Bankia, a présenté aux syndicats un plan de licenciement de 8.291 personnes, soit un peu plus de 18% de l’effectif, ce qui en fait la restructuration la plus profonde jamais enregistrée dans le secteur bancaire espagnol. L’établissement veut tailler en particulier dans ses effectifs en agences, avec quelque 5.742 départs à la clé. Les services centraux et les directions territoriales seront aussi recalibrés. Ce plan de licenciements s’accompagnera d’un redimensionnement drastique du réseau d’agences, amputé de quelque 1.534 adresses, soit 27% du nombre actuel de succursales.
Selon CaixaBank, ce projet, qui doit encore être négocié au niveau syndical, est «nécessaire» compte tenu des doublons et des synergies découlant de la fusion et des circonstances du marché. Selon l’établissement, «le caractère volontaire et la méritocratie» seront les critères pris en compte pour déterminer le processus de départs.
Cette annonce, qui fait suite à un plan social en 2019 ayant affecté 7% des effectifs de CaixaBank, fait écho aux initiatives déjà lancées par des banques concurrentes. En fin de semaine dernière, le numéro deux BBVA a entamé un premier tour de négociations avec ses syndicats, qui pourrait aboutir à la suppression de 3.000 postes, selon la presse espagnole. De son côté, Sabadell, dont les négociations de rapprochement avec BBVA ont échoué à l’automne 2020, ouvrait la porte fin novembre à 1.800 départs volontaires. Le numéro un Santander a négocié en décembre dernier un plan de quelque 4.000 emplois, au travers de préretraites et de départs volontaires, et la fermeture d’un millier d’agences. Le recalibrage de la banque espagnole ne devrait pas s’arrêter là : la finalisation de la fusion entre les petites banques Unicaja et Liberbank devrait également s’accompagner de la sortie de quelque 1.900 salariés, selon la presse, et la fermeture de 400 agences. Ce nouveau tour de vis intervient alors même que le nombre d’agences bancaires a été réduit de plus de 50% depuis la crise financière à fin décembre en Espagne. Le nombre de salariés a également diminué de quelque 35% depuis décembre 2019, soit un total de 97.000 suppressions de postes.
Plus d'articles du même thème
-
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
Selon BlackRock, l’encours des ETF sur les plateformes digitales européennes pourraient atteindre 1.000 milliards de dollars en 2030, soit 20% du marché. Une croissance notamment portée par les épargnants français, en phase de rattrapage. -
Boeing peine à combler ses retards de production
La montée en cadence plus lente que prévu du 737 MAX et du 787 aura un impact négatif sur la génération de cash-flow libre du constructeur aéronautique en 2026. -
Groupama AM recrute Nicolas Leprince au sein de son pôle obligataire
La maison d'investissement muscle sa stratégie en débauchant un ancien cadre d'Edmond de Rothschild pour orchestrer sa nouvelle division de taux.
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La nouvelle direction de Sanofi va devoir sortir du marasme la R&D du groupe
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- La BCE attise la flambée des taux
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
Contenu de nos partenaires
-
Discours« Nous sommes plus forts ensemble » : l'intégralité du discours de Mark Carney face aux eurodéputés
Le Premier ministre canadien s’est adressé au Parlement européen, au lendemain de la proposition d’Ursula von der Leyen de faire du Canada un « membre associé » de l’Union européenne. -
Tribune« Quelque chose doit changer » : l’appel des maires en faveur de Dominique de Villepin pour 2027
Pour dissiper les doutes sur sa capacité à réunir les 500 parrainages nécessaires à une candidature présidentielle, Dominique de Villepin met en avant le soutien d’une vingtaine d’élus locaux -
Harcèlement, détournement de fonds… Ce que l’on sait de l’affaire du député RN réinvesti malgré des accusations
Le député de l’Aisne José Beaurain est soupçonné d’avoir détourné une partie de ses frais de mandat. Ce qui n’a pas empêché le RN de l’investir à nouveau en 2024 puis pour les municipales de 2026.