Bruxelles s’apprête à mieux traiter les actions dans Solvabilité 2
Le lobbying du Parlement européen, des assureurs et du Trésor français a porté ses fruits. Avec plusieurs semaines de retard, la Commission européenne s’apprête à publier prochainement, potentiellement dès demain à l’occasion de la réunion du Collège des commissaires, une proposition de révision du règlement délégué Solvabilité 2 largement amendée par rapport à celle ouverte à la consultation en fin d’année dernière. Comme l’espérait le Parlement européen, la Commission européenne a retravaillé le texte pour prendre en compte les critiques liées à la complexité des critères retenus pour la nouvelle classe d’actions de long terme, ont indiqué plusieurs sources à L’Agefi. Ces derniers rendaient le texte «inopérable», jugeait en décembre Lionel Corre, de la direction générale du Trésor.
De fait, la Commission a finalement repris «quasiment en tous points» la proposition franco-néerlandaise portée par le Trésor, se félicite une source à Bercy. Pour bénéficier d’un «choc actions» à 22% contre 39% habituellement, la durée de détention minimale moyenne devrait être ramenée de 12 à 5 ans, précise une source du secteur. Au-delà de ce chiffre, les autres conditions associées à ce traitement prudentiel plus favorable des actions détenues à long terme seront scrutées de près, notamment si la Commission a repris l’idée d’un test de liquidité, qui vise à démontrer la capacité des assureurs à conserver des titres même en cas de tensions sur les marchés sur une période donnée, et si elle insiste toujours sur le cloisonnement du portefeuille.
L’Institut des actuaires avait estimé que le projet franco-néerlandais pouvait espérer augmenter l’allocation actions des assureurs européens de 50 à 100 milliards d’euros. Alors que «le résultat de la proposition de la Commission européenne serait probablement proche de zéro», avait déclaré en décembre Stéphane Le Mer, président de la commission prudentielle de l’Institut.
Une fois le règlement délégué adopté par la Commission, le Parlement européen et le Conseil ne peuvent l’amender, mais disposent de trois mois pour le rejeter. Face à l’opposition du Parlement et de certains pays, Bruxelles a peut-être craint une répétition du rejet des règles d’application de Priips en 2016. Contactée, la Commission européenne n’a pas souhaité faire de commentaire.
Plus d'articles du même thème
-
L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
À l’heure des arbitrages post‑consultation sur les normes ESRS, la crainte d’une perte d’information stratégique ravive le débat sur l’équilibre entre simplification et crédibilité. -
Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Le Collège de l’AMF reproche au courtier en ligne un dispositif de reporting direct des transactions (RDT) incomplet ou erroné, et des défaillances dans son dispositif de surveillance des opérations de marché. Deux transactions réalisées pour le compte de Nicolas Miguet sur Casino et Rallye auraient déclenché le contrôle, ayant conduit à cette mise en cause, selon la défense. -
L’Europe reporte de trois ans la finalisation du cadre réglementaire bancaire de Bâle
Les banques européennes bénéficieront d’un sursis supplémentaire pour appliquer les normes de Bâle relatives aux risques de marché. L’Europe attend de voir comment les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne appliqueront ces normes.
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
- Berkshire Hathaway mise sur la promotion immobilière résidentielle
- Novobanco galvanise les ambitions de BPCE
Contenu de nos partenaires
-
Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine refuse l’invitation pour une rencontre faite par Volodymyr Zelensky
Vladimir Poutine a retoqué la demande de Volodymyr Zelensky, qui proposait un cessez-le-feu complet pendant de nouvelles discussions sur le conflit, avec un échange de tous les prisonniers de guerre -
Bernadette Chirac, ancienne première dame, est décédée à l’âge de 93 ans
L’épouse de Jacques Chirac est décédée à l’âge de 93 ans, samedi 6 juin. Après avoir vécu dans l’ombre de son mari lorsqu’il était ministre, Premier ministre et président de la République, elle l’a représenté dans les dernières années de sa vie -
Question 4Immobilier : faut-il louer ou acheter son logement ?
L'achat d'une résidence principale est souvent la première pierre dans la construction d'un patrimoine. Mais évaluer les coûts associés est nécessaire pour déterminer s'il vaut mieux louer ou acheter