BPCE met encore à contribution ses banques régionales
BPCE SA demande une rallonge aux Banques Populaires et aux Caisses d’Epargne. Alors que le groupe BPCE, pris dans son ensemble, a révélé le 23 février qu’il ne lui restait plus que 700 millions d’euros de capital à engendrer pour respecter à fin juin les exigences du superviseur européen, son organe central, considéré isolément, a des besoins supérieurs. Pour se conformer aux exigences de l’Autorité de contrôle prudentiel, il doit augmenter de 2 milliards d’euros ses fonds propres tier one, selon plusieurs sources.
Dans ce but, BPCE SA s’apprête à faire souscrire dans les prochaines semaines par ses maisons mères, les 19 Banques Populaires et les 17 Caisses d’Epargne, un montant équivalent de titres super subordonnés (TSS). Le projet est actuellement présenté dans les différents établissements concernés. La charge devrait être répartie à hauteur d’un milliard d’euros sur chacune des deux enseignes. Les TSS, considérés comme du tier one mais pas comme du core tier one, porteront une rémunération avantageuse, autour de 11%. Ils auraient la faculté d’être convertis en actions. La banque ne commente pas.
Cette transaction est liée à une autre opération d’optimisation des fonds propres, en cours chez Natixis. Ce dernier détient 20% du capital des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires sous forme de certificats coopératifs d’investissement (CCI). Pour alléger l’exigence en fonds propres liée à cette réglementation, Natixis devrait émettre au premier trimestre 6,9 milliards d’euros de titres à taux fixe, souscrits par BPCE SA. Ce prêt garantira la valeur des deux tiers des CCI détenus par la filiale, ce qui permettra à la banque de gros d’économiser 25,6 milliards d’actifs pondérés en risque, soit 2 points de ratio core tier one. Si l’opération est neutre au niveau du groupe BPCE, elle revient à transférer ces actifs pondérés chez BPCE SA.
L’organe central se tourne donc à son tour vers ses banques régionales. Celles-ci verront peut-être dans les TSS un investissement plus rentable que leurs actions BPCE, qui ne versent pas de dividende. Pire, de sources concordantes, la valeur de ces actions BPCE va être dépréciée dans les comptes à fin 2011. A l'échelle des 17 Caisses d’Epargne, l’ardoise cumulée des dépréciations approche 1,1 milliard, avec pour certaines d’entre elles un résultat net quasiment réduit à zéro.
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