Bouger pour s’affirmer
Au fil de mes interviews de personnalités travaillant dans la finance à des postes de responsabilité, j’ai remarqué que le sport occupait une place particulière dans leur équilibre de vie. C’est souvent un moyen de se déconnecter, de relâcher la pression, de retrouver une respiration dans des univers professionnels exigeants.
Marche, natation, course à pied, équitation, ski ou kitesurf… Quelle que soit la discipline, l’exercice physique est un espace où l’on reprend le contrôle de son énergie et de ses pensées.
Si la plupart s’adonnent au sport en amateurs passionnés, certains vont plus loin et parviennent à concilier vie professionnelle et engagement sportif de haut niveau. C’était notamment le cas de Nadia Tortel, responsable mondiale des ressources humaines chez Candriam, qui a été championne de karaté tout en travaillant dans un cabinet de recrutement.
Lors d’une conférence récente du CFA Society France, cinq professionnels du secteur ont partagé leur rapport au sport et la manière dont ils ont repoussé leurs limites. Parmi eux, deux femmes ont livré des témoignages particulièrement inspirants : Laure Challamel, responsable RSE à la Banque Palatine, et Veronica Vieira, ancienne professionnelle de la finance aujourd’hui reconvertie dans l’hypnothérapie et la psychothérapie.
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Contrer le syndrome de l’imposteur
Laure Challamel a découvert le trail en 2015 et a depuis enchaîné les défis : l’Ultra Trail du Mont-Blanc, la Diagonale des Fous… Des épreuves d’endurance extrême qu’elle aborde comme un équilibre vital. «Le sport a aussi été une thérapie. Ce n’est pas évident de concilier vie professionnelle à temps plein et vie de famille», confie cette maman de trois grands garçons. «Le sport contribue à ma santé mentale. Cela donne un équilibre de vie, quand je me sens débordée, que la charge mentale est importante… Ces espaces de vie pendant lesquels je fais du sport sont comme une soupape. Cela me permet de faire le vide, ou de réfléchir», poursuit-elle.
Au-delà de la détente, Laure Challamel y trouve aussi une leçon de persévérance et de courage : «Il faut oser se fixer des objectifs inatteignables mais qui nous font envie. Les seules limites sont celles que nous nous fixons !»
Des mots qui font écho à ceux de Veronica Vieira, qui a longtemps douté d’elle-même avant de se découvrir une passion pour la course, puis dernièrement pour le triathlon. Au fil des kilomètres, elle a appris à se connaître. «J’aime me dépasser. J’ai une capacité à endurer. J’aime aller au-delà de cette petite douleur. Cela construit l’estime de soi», a-t-elle dévoilé. «Je suis pétrie de doutes. J’ai le sentiment que nos succès appartiennent aux autres. Quand on est commercial, si on réussit, c’est grâce au produit. Quand on est gérant d’actifs, si on réussit, c’est grâce à la thématique. Le sport est la seule chose qui vous appartient. Cela apporte donc une énorme confiance», affirme-t-elle au sujet de ces années passées dans la finance. Cela lui a même permis de surmonter le syndrome de l’imposteur, que beaucoup de femmes disent connaître.
Comme Laure Challamel, Veronica Vieira a trouvé dans l’effort physique une forme de liberté intérieure : «Cela nous montre qu’on a un mental, qui peut vous limiter ou vous transcender», conclut-elle.
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