BNP Paribas est portée par les activités de marché au deuxième trimestre
La tendance observée à Wall Street la semaine dernière se confirme de ce côté de l’Atlantique. La reprise de l’activité dans la banque de financement et d’investissement a dynamisé les résultats de BNP Paribas au deuxième trimestre. La première banque de la zone euro publie ainsi un résultat net distribuable en hausse de 1,6%, à 3,4 milliards d’euros, supérieur aux attentes des analystes.
Le produit net bancaire a progressé de 3,9% sur la période, à 12,27 milliards d’euros. Selon le consensus des analystes compilé par BNP Paribas, le résultat net était attendu en moyenne à 2,9 milliards d’euros et le chiffre d’affaires à 11,93 milliards d’euros.
La croissance des revenus est venue ce trimestre de la banque de financement et d’investissement (+12%), et en particulier, des activités de marché (+18%), comme attendu par les analystes. BNP Paribas capitalise ici sur «ses forces» et notamment sa plateforme globale et intégrée sur les métiers actions, qui couvre «toute la chaîne de valeur», a expliqué son directeur financier Lars Machenil lors d’une présentation dédiée aux analystes.
La plateforme actions surperforme
BNP Paribas récolte ainsi les fruits de sa stratégie de diversification. Via des acquisitions ou des accords de référencement, elle a en effet repris les positions de Deutsche Bank et Credit Suisse dans le métier actions et les services aux hedge funds (prime brokerage). L’intégration totale d’Exane lui permet aussi de gonfler les revenus des activités «equity & prime services» qui augmentent de plus de 57% sur le trimestre.
«Nous bénéficions de la reprise de l’activité qui s'était montrée relativement modérée au deuxième trimestre 2023. Mais nous bénéficions aussi de la qualité de notre plateforme, nous sommes l’une des rares banques de la zone euro à proposer ce dispositif», a souligné le directeur général Jean-Laurent Bonnafé. Les analystes relèvent, par ailleurs, que la banque française a bénéficié de la forte volatilité qui a suivi la dissolution de l’Assemblée nationale à la fin du trimestre. Les activités de marché étant volatiles par nature, il est difficile de prédire si la performance se maintiendra sur le reste de l’année.
En revanche, BNP Paribas, qui avait fait un très bon deuxième trimestre en 2023 sur le trading de taux, devises et matières premières (FICC), a vu cette activité reculer (-7%), tandis qu’elle a tiré les revenus des banques américaines.
La banque française, qui est dans le top 5 mondial en matière de dérivés actions et parmi les leaders sur les produits structurés, affirme qu’elle va encore «gagner des parts de marché»' dans la banque de financement et d’investissement.
A lire aussi : Les banques françaises subissent les spécificités du marché local
Des métiers spécialisés à la peine
La division banque commerciale (CPBS), qui comprend la banque de détail, a en revanche stagné (-0,3%). La banque commerciale à proprement parler est restée bien orientée (+1,7%), alors que les revenus des métiers spécialisés se sont érodés de 3,6%. Les filiales Arval et Leasing Solutions ont subi l’évolution des prix des véhicules d’occasion, malgré des volumes en hausse, tandis que BNP Paribas Personal Finance a continué de subir l’impact de son coût de refinancement. La baisse des taux promise par la BCE devrait être de ce point de vue «un soulagement», a souligné Jean-Laurent Bonnafé.
«Au second semestre 2024, nous poursuivrons également la mise en place des mesures d’efficacité opérationnelle et notre gestion disciplinée du coût du risque», a-t-il ajouté. Malgré l’impact de certains dossiers de crédit en France, le coût du risque est resté à un niveau faible de 33 points de base des encours au deuxième trimestre.
La banque confirme son objectif de le maintenir en-dessous de 40 points de base sur l’année 2024, tandis que son directeur général Jean-Laurent Bonnafé estime que la situation politique en France ne devrait pas avoir «d’impact matériel» sur son activité. 70% du bilan est, par ailleurs, réalisé dans la zone euro, BNP Paribas s’estimant «bien positionnée pour profiter du nouveau cycle économique». Pour 2024, la banque prévoit toujours une croissance supérieure à 2% de ses revenus et un résultat net au moins supérieur à 2023.
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