Bank of Ireland signe la fin de son indépendance
Après avoir donné un premier aperçu mardi (L’Agefi Quotidien du 1er juin), Bank of Ireland a précisé vendredi à quel degré elle allait essorer ses débiteurs et ses actionnaires au terme de son augmentation de capital de 4,2 milliards d’euros.
Dans l’«exercice de gestion de passif» («LME») visant les détenteurs de créances subordonnées, le seul établissement de l’île à ne pas être encore détenu à majorité par l’Etat (qui contrôle tout de même 36% de son capital) propose d’échanger contre des actions les titres de dette tier 1 à 20% et les titres tier 2 à 40% de leur valeur faciale, paiement des intérêts inclus. Le cours d’émission des actions sera déterminé dans le document d’offre d’échange publié cette semaine.
Cette opération constitue la seconde option possible pour les créanciers junior, la première consistant en un rachat à 10% et 20% de la valeur des tier 1 et tier 2, comme il a été précisé mardi dernier. «Les termes du LME reflètent la volonté du ministère des Finances de s’assurer que les créanciers subordonnés contribueront significativement à l’exigence de capital réglementaire de 4,2 milliards d’euros», indique le communiqué de Bank of Ireland. «Le gouvernement peut raisonnablement espérer lever entre 2 et 2,25 milliards d’euros grâce à ses offres en cash et d’échange destinées aux détenteurs de titres junior», estime un analyste. L’inconnue principale étant le prix de l’action dans la solution de l’échange.
Par ailleurs, l’émission de capital avec droit préférentiel sera souscrite par l’Etat irlandais au prix de dix centimes par action. Son montant est de 4,35 milliards d’euros (frais inclus), moins le capital réglementaire généré par le LME et par «toute mesure prise par le ministère» afin de partager le fardeau avec toute créance subordonnée restante à l’issue du LME. Le montant maximum de l’émission sera de 1,76 milliard d’euros si l’ensemble des créanciers devait choisir la solution de l’échange et de 2,22 milliards s’ils optent pour le paiement en cash. Enfin, Bank of Ireland va émettre un milliard d’euros d’obligations à conversion obligatoire (contingent convertible, ou CoCo) à 5 ans, garantie par l’Etat.
A l’issue de l’opération, l’indépendance de Bank of Ireland ne sera quoiqu’il en soit plus qu’un souvenir: «la participation de l’Etat devrait se situer dans une fourchette comprise entre 60% et 88% », expliquent les analystes de KBW.
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