Bank of Ireland dit attendre avec sérénité les tests de résistance européens
Après que le brutal retournement du marché immobilier irlandais en 2008 a contraint Bank of Ireland à solliciter un sauvetage public de près de 5 milliards d’euros (octroyant à l’Etat une part pourtant limitée à 14% de son capital), l’horizon semble se dégager.
Le directeur général de la banque irlandaise, Richie Boucher, n’a pas caché hier sa confiance en l’avenir à l’occasion de la publication des résultats 2013. Des résultats certes en nette amélioration. La perte courante imposable a fondu de deux tiers environ, passant de 1,5 milliard à 569 millions d’euros, pour un résultat d’exploitation courant multiplié par quatre à près de 1,1 milliard d’euros. Et la marge nette d’intérêt a poursuivi sa progression, à 2,03% au second semestre contre 1,20% au premier semestre 2012.
Surtout, Richie Boucher a assuré que Bank of Ireland a retrouvé le chemin de la rentabilité sur les deux premiers mois de 2014, sur fond d’un environnement économique qui «poursuit son amélioration», même si cette dernière s’avère «lente et irrégulière», tant en Irlande qu’au Royaume-Uni.
Vendredi, la «bad bank» irlandaise mise en place en 2009, la Nama (National Asset Management Agency), a laissé transparaître sa confiance à réaliser à terme un bénéfice sur son portefeuille de créances hypothécaires à risque en annonçant un premier versement de coupon sur sa dette subordonnée.
Bank of Ireland a assuré ne pas avoir besoin de capitaux dans le sillage des prochains tests de résistance et de qualité des actifs menés pas les régulateurs européens. «On ne peut jamais dire jamais sur ces choses-là, aux yeux de Richie Boucher, mais sur la foi de notre connaissance de nos activités et des tests de résistance internes, nous pensons être suffisamment capitalisés».
Et la banque «pourrait bien avoir raison», selon CreditSights, qui estime que le ratio common equity tier 1 de 12,3% sous Bâle 3 à fin 2013 offre, tout du moins à court terme, un «bon coussin (de sécurité) même si de nouvelles dépréciations devaient s’avérer nécessaires». Ces dernières n’ont baissé que de 6% l’an dernier, à 1,7 milliard d’euros, sous l’effet selon Bank of Ireland d’un appel insistant à la prudence de la part de la banque centrale. Le poids des dépréciations devrait nettement s’alléger en 2014, à en croire Richie Boucher.
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