Bank of Ireland cherche à attirer des capitaux étrangers
Bank of Ireland recherche énergiquement l’aide d’investisseurs étrangers, a indiqué jeudi son directeur général Richie Boucher, à l’occasion de la présentation de résultats annuels marqués par une perte nette réduite au deux tiers. Selon les résultats des récents tests de résistance réalisés sur le secteur en Irlande, la banque doit augmenter son capital à hauteur de 5,2 milliards d’euros, dont un milliard d’euros de capital contingent.
En vue d’échapper à une prise de contrôle totale du gouvernement, qui détient déjà 36% de la banque irlandaise, cette dernière «veut clairement attirer des capitaux du secteur privé, même si cela s’annonce difficile», estime CreditSights. Bank of Ireland a indiqué qu’elle informerait le marché dans les prochaines semaines sur ses projets d’augmentation de capital.
«Le financement et la liquidité se révèlent être l’un des problèmes de la banque», relève CreditSights. En effet, l'établissement a reconnu dans son rapport annuel qu’il a dû informer la Banque centrale d’Irlande de manquements temporaires aux exigences de liquidité réglementaires en janvier et en avril 2011.
Sur 2010, Bank of Ireland a dévoilé une perte nette de 609 millions d’euros, contre 1,8 milliard un an plus tôt. Cette perte se révèle bien inférieure aux prévisions des analystes, qui misaient sur un résultat déficitaire de 1,2 milliard d’euros selon un consensus Bloomberg, et contraste favorablement avec les performances des autres banques irlandaises ayant creusé leur perte. Bank of Ireland a toutefois bénéficié d’éléments exceptionnels, tels qu’un gain de 1,4 milliard d’euros lié à une conversion de dette et une réduction de plus d’un tiers des charges de dépréciation, à 1,9 milliard d’euros.
«Comparativement à Allied Irish Bank, il s’agit de bons résultats, mais lorsque l’on regarde les bénéfices avant provisions, l’activité sous-jacente reste difficile», relève un analyste. Le bénéfice opérationnel avant provision a reculé de 29% à 1 milliard d’euros, le revenu net d’intérêt ayant chuté de 23% sous l’effet de l’accroissement des coûts de financement. Après avoir vu filer 20 milliards d’euros de dépôts en 2010, la banque irlandaise a toutefois indiqué que ceux-ci, qui s’établissaient à 65 milliards en décembre, étaient de nouveau en croissance depuis la fin de l’an passé.
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