Bank of America sort du rouge en 2011

L’établissement a privilégié le renforcement de ses fonds propres à son développement commercial. Il place 2012 sous le signe des économies
Antoine Landrot

Des éléments non récurrents ont permis à Bank of America (BoA) d’être bénéficiaire au quatrième trimestre 2011. L’établissement a publié hier un résultat net part du groupe (donc hors actions de préférence) de 1,58 milliard de dollars, montant qui contraste avec la perte de 1,56 milliard un an plus tôt. Les revenus frisent les 25 milliards de dollars, en hausse de 11% par rapport au dernier trimestre 2010. Le groupe retrouve ainsi tout juste l’équilibre sur l’année (à 85 millions de dollars), alors qu’il affichait une perte de 3,6 milliards au terme de l’exercice 2010.

Mais il est trop tôt pour certifier que BoA est sortie d’affaire. En effet, le retour aux bénéfices est pour partie le fait de plus-values exceptionnelles de 5,3 milliards de dollars – dont 2,9 milliards liés à la vente d’actions dans China Construction Bank et 1,2 milliard relatif à des titres de dette. Ces cessions, décidées sous pression pour renforcer les fonds propres, ont été partiellement compensées par des provisions, des dépréciations et des coûts exceptionnels (à hauteur de 3,7 milliards de dollars).

Conséquence de la volonté de constituer «un bilan-forteresse», les fonds propres réglementaires core equity tier 1 sont passés de 8,60% à 9,86% de ses actifs pondérés entre fin 2010 et fin 2011. La banque a également réduit sa dette à long terme de 76 milliards (à 372 milliards).

L’autre élément favorable aux comptes concerne la forte réduction des provisions pour créances douteuses. Leur montant a en effet reculé de 43%, à 2,9 milliards de dollars. Cette bonne nouvelle illustre l’assainissement des comptes de BoA, mais ne dit rien d’une amélioration des activités de l’établissement. Ainsi, sa banque d’investissement affiche une perte de 433 millions au dernier trimestre et voit son bénéfice reculer de 53% en 2011 (à 2,97 milliards d’euros). Les revenus de trading ont notamment reculé de 26% (à 1,2 milliard), victimes des vicissitudes des marchés financiers. L’activité de cartes de crédit a souffert au dernier trimestre, mais s’est redressée sur l’année (passant d’une perte de 7 milliards à un bénéfice de 5,8 milliards).

BoA devrait concentrer ses prochains efforts sur la réduction des coûts. Bruce Thomson, son directeur financier, estime que les objectifs en la matière pour cette année, fixés par le plan «New BAC» (un milliard de dollars), seront dépassés. Ce plan prévoit des économies de 5 milliards fin 2013.

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