Bank of America est rattrapée par des erreurs comptables

La Fed contraint la banque à reporter ses plans de retours aux actionnaires après la découverte d’un problème embarrassant lié au rachat de Merrill Lynch
Alexandre Garabedian

C’est un camouflet pour Bank of America. La banque doit renoncer provisoirement à augmenter son dividende à ses actionnaires et à lancer un programme de rachats d’action de 4 milliards de dollars. La Réserve fédérale le lui a interdit après que le groupe a découvert une erreur dans ses comptes, postérieurement à la publication de son résultat du premier trimestre le 16 avril.

La Fed, qui avait d’abord approuvé les plans de retour aux actionnaires de BoA à l’occasion de son examen annuel de la solvabilité des grandes banques (le CCAR), lui a demandé hier de lui soumettre de nouvelles propositions dans les 30 jours.

Les actionnaires de Bank of America devront donc patienter plusieurs semaines encore. La nouvelle a fait perdre hier jusqu’à 5,58% à l’action. Mais ce sont surtout les circonstances de cette erreur comptable qui ne laissent pas d’étonner. L’établissement s’est trompé dans le calcul des exigences en capital liées à des obligations structurées (structured notes) émises par Merrill Lynch, qu’il a rachetée en 2009. Le groupe a ainsi révisé en baisse de 29 points de base son ratio de solvabilité common equity tier one en méthode avancée sous Bâle 3, à 9,6% à fin mars. L’erreur était passée inaperçue jusqu’à présent. Sa découverte cinq ans après le rachat de Merrill Lynch a provoqué hier des commentaires acerbes de la part des observateurs.

Bank of America avait déjà eu maille à partir avec la Fed lors des tests de résistance de 2011. La banque centrale s’était opposée au relèvement du dividende, alors que Brian Moynihan, le patron du groupe, se disait encore sûr du contraire quelques semaines auparavant. Cette année, BoA avait d’abord réussi à passer entre les gouttes, contrairement à Citigroup, mis à l’index pour des failles dans ses procédures internes.

Les tests de la Fed ont d’ailleurs changé de nature au fil des ans. Si tous les établissements passent l’épreuve en termes de besoins de fonds propres, les recalés l’ont été sur des critères qualitatifs. Outre Citi et désormais BoA, trois filiales de banques européennes, RBS, Santander et HSBC, se sont vu refuser leurs programmes de distribution des bénéfices car le régulateur bancaire jugeait défaillantes leurs procédures de gestion du risque.

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