Axa cible ses efforts en Amérique latine et Méditerranée

L’assureur poursuit son offensive dans le Golfe et en Amérique latine, avec un œil sur l’Afrique subsaharienne
Amélie Laurin

Axa poursuit sa politique d’acquisitions sélectives dans les pays émergents. Le groupe ne commente pas sa prise de participation en cours au sein du groupe émirati GCIC. Dans le Golfe «nous cherchons à compléter un dispositif très orienté sur l’assurance dommages en ajoutant un partenaire en prévoyance aux Emirats», a toutefois déclaré hier Jean-Laurent Granier, lors d’une conférence de presse. PDG d’Axa Global P&C (dommages), il dirige aussi la région Méditerranée-Amérique latine qui regroupe 25 pays émergents ou développés comme l’Espagne et l’Italie.

L’offensive dans le Golfe suit l’acquisition fin 2013 de 51% de l’assureur colombien Colpatria Seguros, quatrième acteur du pays, et le lancement en cours d’une offre entreprises au Brésil. Ces deux pays sont les plus peuplés d’Amérique du Sud, avec le Mexique, où Axa a successivement repris des fonds de commerce d’ING et HSBC. Le groupe pourrait aussi s’intéresser au Pérou, glisse Jean-Laurent Garnier. L’Afrique subsaharienne est aussi dans le viseur, principalement le Nigeria, mais aussi l’Angola et le Mozambique compte tenu de leur démographie, de leurs ressources naturelles et de leur gouvernance plus stable qu’ailleurs.

L’Asie concentre toutefois l’essentiel des 5 milliards d’euros investis par Axa à l’international depuis 2010, en parallèle de 8 milliards de cessions dans les pays mûrs. Hors Japon, la région pèse seulement 8% du résultat opérationnel du groupe en 2013, contre 9% pour la zone Méditerranée-Amérique latine avec 455 millions d’euros (hors entités non consolidées comme le Brésil).

Cette dernière pèse davantage en chiffre d’affaires : 14% du total avec 12,9 milliards d’euros. L’activité vie, épargne et retraite a crû de 16,6% l’an dernier dans les pays mûrs de la zone, portés par l’assurance vie en Italie qui représente les trois quarts des revenus du pôle, mais elle a seulement progressé de 3,7% dans les émergents, plus orientés sur la prévoyance, aux primes moins élevées.

«Il y a eu des années de plus forte croissance», reconnaît Jean-Laurent Granier qui explique que 2013 a été marqué par la «réorganisation de notre activité traditionnelle au Mexique», plus profitable aux distributeurs (6.000 agents généraux) qu’à la compagnie et ses clients. A l’inverse, l’activité dommages a crû de 15,5% dans les émergents mais reculé de 2,8% dans les pays mûrs (Italie, Espagne, Grèce et Portugal), toujours affectés par la crise de l’euro.

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